Tampopo

Publié le par a-yin

Tampopo (Nobuko Miyamoto), la quarantaine, élève seule son fils et tient une gargote où elle sert des ramen (soupe de nouilles japonaises). Un soir de pluie, deux routiers, Goro (Tsutomu Yamazaki) et Gun (Ken Watanabe) s'y arrêtent afin de s'y restaurer. Après une bagarre contre un habitué de la gargote (amoureux de la maîtresse des lieux), Tampopo héberge alors Goro. Touché par sa gentillesse, il lui annonce avec franchise combien ses ramen sont mauvais. Tampopo souhaitant s'améliorer de tout son coeur lui demande de l'aider. Ainsi, Goro réunit toute une équipe de personnes qui ont pour mission d'apprendre à Tampopo la recette des meilleurs ramen du pays.

Avis :

Tampopo (fleur de pissenlit en japonais) est une comédie culinaire japonaise réalisée par Juzo Itami en 1986 (le réalisateur est aujourd'hui décédé, un suicide d'après les media). Tampopo a pour sujet principal les ramen (car toute la nourriture y est traitée), soupes de nouilles japonaises que l'on peut souvent voir dans les anime et les manga. De ce fait, le film est considéré comme culte par les adorateurs de cette culture culinaire. Arte semble aimer la nourriture car il s'agit de la deuxième comédie culinaire à être diffusée cette année après Le festin chinois de Tsui Hark. De plus, Arte avait aussi diffusé l'an dernier Salé sucré de Ang Lee. Mais à la différence des précédents, Tampopo est réellement un film sur la nourriture (Salé sucré est une histoire de famille sur fond de gastronomie, Le festin chinois est surtout une comédie bien hongkongaise). Pour l'anecdote, Nobuko Miyamoto qui interprète le rôle de l'héroine, est la femme du réalisateur. On retrouve aussi Ken Watanabe qui a fait parler de lui entre Le dernier samourai et Mémoires d'une geisha.

Tampopo est un film que j'avais déjà vu il y a environ dix ans mais je l'avais complètement oublié jusqu'au moment où j'ai vu une scène particulière: la seule que j'ai retenue, scène qui fut une énigme pendant des années et dont je cherchais la provenance! J'ai vu Tampopo pour son statut de film culinaire culte mais aussi pour une raison très bête: quelqu'un m'avait dit que ma comédie culinaire hongkongaise culte (humour très lourd et ringard) Chicken and duck talk de Michael Hui n'était qu'une pâle copie de Tampopo. Enfin, Tampopo est passé un vendredi soir autour de minuit et a eu droit à plusieurs rediffusions, toutes très tardives. Pour ceux qui ont raté le film, sans doute rendez-vous dans dix ans, un peu comme Epouses et concubines de Zhang Yimou.

Il est dur de parler d'un film aussi foisonnant que Tampopo. En effet, si la trame principale est la mission ramen de Tampopo, de nombreux sketches gravitent autour et cela tout au long du film. Tampopo ne se concentre donc pas seulement sur les ramen et tout prétexte est bon pour Itami afin de décrire son amour pour la nourriture mais aussi pour la vie, tout simplement (le générique de fin avec une mère allaitant son bébé). On retrouve donc une dizaine de petites histoires, certaines avec un personnage récurrent. On citera les petites histoires du yakuza (Koji Yakusho) fin gourmet habillé en blanc avec sa petite amie que l'on voit dés le début du film au cinéma (s'adressant au spectateur et ne supportant pas le bruit du pop corn lui qui aime les mets raffinés), dans la scène mémorable de la chambre d'hotel (ou comment utiliser la nourriture comme élément de jeux érotiques) ou encore la toute dernière scène qui lui est réservée (la dernière chose qu'il dira à sa compagne en mourrant étant la recette du sanglier!).

On a aussi le vieil homme qui n'a pas le droit de manger certains aliments à cause de sa santé mais qui se goinffre dés que sa fille a le dos tourné, le repas des salary men dans un grand restaurant français, la prof des bonnes manières qui apprend aux autres comment manger des pâtes italiennes (avec tout le monde qui finit par faire du bruit car c'est tellement meilleur comme ça) ou bien, LA seule scène dont je me souvenais, celle de la famille (la mère est mourante et la seule chose que le père fait est de la forcer à préparer le repas pour toute la famille! Celle-ci meurt juste après et il dit à ses enfants de manger tant que c'est encore chaud tout en chialant O_O), le mec qui laisse des ardoises partout (et qui se fait arrêter dans un restaurant par un flic en plein milieu de son repas. Il lui supplie de le laisser manger ce qui est son péché mignon avant de se faire arrêter xD on le voit avec les menottes *MERCI KAWATA*). Bref, la bouffe dans toute sa splendeur, dans toute sa passion, dans tout son orgasme xD, la bouffe à la vie à la mort, dans la santé et dans la maladie, dans la pauvreté ou dans la richesse!

Ce côté foisonnant permet à Tampopo de ne pas rester dans un schéma linéaire. Ca donne un charme indéniable au film d'être coupé en plein milieu de la mission de Tampopo et d'avoir un sketch à la place pour revenir à la suite de Tampopo. En effet, la trame principale en elle-même aurait pu lasser à la longue et puis les sketches permettent de changer d'humour. Les transitions sont en plus bien faites et ne dérangent donc pas le moins du monde. Le tout donne un cocktail de bonne humeur et surtout, un beau cocktail de vie. C'est un film original par sa construction et par son thème de la nourriture, rarement aussi bien abordé au cinema, jusqu'à son rapport charnel. Jamais la nourriture n'a été autant au centre qu'ici, tout est là pour donner envie au spectateur d'aller se faire un bon plat après avoir vu le film.

L'autre grande originalité du film réside dans son aspect western ramen, parodiant le style des western spaghetti. Le personnage de Goro en est une preuve vivante, il fait son entrée dans le film tel un héros solitaire de western, silencieux, avec son chapeau vissé sur la tête. De même, son statut de personnage inconnu, on ne sait d'où il vient, il est toujours sur les routes avec son gros camion (et il se barre à la fin, cela m'a fait penser à Il était une fois dans l'Ouest, malgré le fait que Goro et Tampopo ressentaient une attirance réciproque, Goro repart comme un cowboy solitaire après l'avoir aidée, tout comme Harmonica quitte la veuve dés que tout danger est écarté). La gargote que tient Tampopo est aussi filmée comme un saloon où les clients ressemblent à des durs du far west. Que penser de ce gros délire du duel dehors rappelant aussi les western? Même la manière de bouger la caméra, certains gros plans où les plans larges montrant toute la bande de gars aidant Tampopo alignés, torses bombés, tous viriles, apparemment faisant penser aux Sept mercenaires mais il est très malheureux que je ne connaisse rien des western pour repérer les divers références.

Tampopo est un film jubilatoire, avec un humour très diversifié, comme peuvent en témoigner les nombreux sketches. Pour ce qui est de la trame principale, l'humour y est bon enfant avec des acteurs excellents qui surjouent légèrement lors des scènes d'enthousiasme. Cela fait un peu penser aux manga à vrai dire, on y retrouve cette insousciante entraînante. L'entraînement pour préparer des nouilles va même jusqu'aux conditions physiques de Tampopo qui se retrouvera à faire du jogging tous les matins avec un Goro à vélo. Tampopo a toujours une tonne de bonne volonté, elle est toujours tout sourire et fait tout pour se dépasser. On a vraiment l'impression d'être dans un shônen culinaire où le héros doit accomplir un entraînement hyper complet auprès d'un maître pour parvenir à son but. Et l'art du ramen nous est présenté comme un truc monumental, on nous livre des secrets petit à petit, la clé de la réussite d'un bol de nouilles étant le bouillon (aaah Tampopo qui espionne ses concurrents). Il y a aussi ce passage où Goro lit un livre sur la dégustation du ramen où il faut regarder le porc amoureusement, avant de le manger (c'est pour cela qu'on m'a dit que Chicken and duck talk était une copie -__- car Michael Hui dit de regarder la cuisse de canard amoureusement en lui chuchotant des mots doux avant dégustation).

L'humour y est très japonais et on y découvre aussi un certain aspect de la culture du pays à travers sa nourriture (faire du bruit en mangeant ses ramen n'est pas impoli! puis critique de la famille dans un des sketches, je veux aussi manger une omelette au riz - depuis Les bébés de la consigne automatique de Ryû Murakami). La palette de personnages est aussi colorée que veut l'humour du film comme le groupe de sans-abris gourmets (qui s'introduisent dans les cuisines des grands restaurants pour se faire un festin), le prétendant de Tampopo jaloux de Goro (une bonne baston et on est potes - amitié virile très shônen :p), le riche qui finance tout, le yakuza. Tampopo a tout de même un défaut: il comporte parfois quelques longueurs (et puis quand Tampopo se fait belle on voit bien que les années 80 c'est ringard :p).

Je ne sais pas ce qui se passe mais les notes sont toutes longues et difficilement compréhensibles en ce moment. J'ai normalement tout dit de ce film. C'est original, plein de vie, foisonnant, riche, drôle, tendre et parfois un brin long. Itami a réussi à nous convertir et une chose est sûre: on veut manger des ramen dés la fin du film! Ce qu'aurait dû faire Arte, c'est donner des adresses où on peut en manger en France (et en Allemagne) après le générique de fin xD (Métro Pyramides pour les Parisiens). Bref, Tampopo est un film absolument charmant et délicieux à voir au moins une fois pour ressortir avec beaucoup de bonne humeur et un grand sourire aux lèvres. Et pour les fans de cinéma japonais, il faut absolument se jeter dessus si ce n'est pas encore fait :o!

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Publié dans Ciné Asie

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M
Tampopo est un film genial. A voir absolument! Koji Yakusho est formidable ( l'homme en blanc) craquant. Il y a de tout dans ce film... C'est une pure saveur, y en aura pour tout le monde.  A déguster !
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A
Je me souvenais surtout d'une tronche, d'un flic, d'un resto, de menottes mais je ne savais plus relier tous ces éléments en fait x__x si ca te gene pas je l'énumérerai dans ma note cette histoire de flic pour compléter vu que j'ai cité les autres sketches.
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K
Haaaaaaaaa :D mais de rien de rien de rien ;) <br /> Je me suis même souvenue de la tronche du gars lorsqu'il mange son pêché mignon :D , c'est ça je truc trop fort de ce sketche :) même que le flic lui passe les menottes
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A
Arigatou gousaimasu cher Kawat c'était CA le sketch que je n'avais pas en mémoire (et que je n'ai donc pas mis ds la note xD)
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K
Je viens de me souvenir qu'il y a une histoire avec le vieux ripoux qui ce fait arréter par la police parce qu'il ne peut absolument pas résister à un plat (un truc enroulé dans une feuille , je ne sais plus trop bien éxactement ...) et que le flic lui accorde une derniére bouchée . Est qu'il s'agit de ça ?
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