Le chien jaune de Mongolie

Titre original: Die Höhle des gelben Hundes
Nansa (Nansa Batchuluun) est une petite fille de six ans plutôt espiègle, aimant jouer dehors (et faire des bêtises avec sa petite soeur et son petit frère) et se rendre utile auprès de ses parents (comme une grande). Issue d'une famille nomade vivant dans une yourte, elle est revenue en été chez ses parents après une année en ville à l'école. Alors qu'elle s'amuse en plein air, Nansa rencontre un chien abandonné qui devient rapidement son compagnon de jeu. Malheureusement, son père refuse de le garder, affirmant qu'il portera malheur et persuadé qu'il s'attaquera un jour à son troupeau. (A la fin les parents déménagent en ville et on constate que le petit frère a été oublié. Ainsi quand le père revient sur les lieux, il voit que le chien qu'il a attaché essaie de protéger son fils. Ainsi, il accepte de faire entrer le chien dans sa famille.)
Avis : 
Le chien jaune de Mongolie est un film germano-mongol réalisée par Byambasuren Davaa qui s'est fait connaître sur L'histoire du chameau qui pleure. Mongole ayant fait des études de cinéma (section documentaire) en Allemagne, Byambasuren Davaa essaie de véhiculer la culture de son pays dans le monde occidental à travers ses films. Ces derniers, à l'image de sa formation, sont entre documentaire et fiction. Pour Le chien jaune de Mongolie, Byambasuren Davaa s'est inspirée d'un conte mongol, La cave du chien jaune. Le voici: "Un père est désespéré par la maladie qui ronge sa fille et qu'aucun médecin ne peut soigner. Il finit par faire appel à un sorcier qui lui dit qu'il faut se débarasser du chien car il porte malheur. Le père n'arrive pas à tuer le chien et l'enferme dans une cave où il lui apporte quotidiennement à manger. La fille finit alors par guérir, elle pouvait sortir voir son bien-aimé pendant que son père était occupé par le chien." (conte raconté dans le film mais j'avais des trous de mémoire donc voici la source). Pour ses comédiens, Byambasuren Davaa a réuni une véritable famille, ce qui accentue le côté documentaire du film. De plus, les enfants conservent leur véritables prénoms. J'ai vu ce film vendredi 21 juillet lors d'une séance de Cinéma en plein-air à la Villette.
Le chien jaune de Mongolie est tout simplement un film merveilleux. On appréciera ce petit moment de voyage dans une contrée où la vie est si différente de la nôtre. C'est une véritable bouffée d'oxygène qui se précipite vers nos poumons. L'histoire y est simple et permet donc de filmer les personnages avec beaucoup d'authenticité. On a presque l'impression de se trouver devant un documentaire mais quelques éléments de fiction sont là. En effet, c'est avec le plus grand naturel que jouent les membres de la famille, que ce soit les parents ou les enfants. Ceux-ci sont d'ailleurs craquants et le spectateur rira de bon coeur à toutes leurs bêtises, le petit frère jouant en toute innocence avec une statue de Bouddha (j'ai la même chez moi xD). On s'amusera aussi de l'usage particulier que font les filles des bouses O_o. C'est très attendrissant et on se laisse finalement prendre d'affection par ces bambins.
Dans Le chien jaune de Mongolie, on découvre un mode de vie nomade, à l'opposé du monde sédentaire auquel on est habitué. Ainsi, on voit une vie très simple et très peu matérialiste où la survie et le travail sont au centre de tout. La vie y est aussi très paisible et calme, avec des enfants qui gardent finalement une belle parcelle d'innocence, loin de la mode et des chaussures Nike (oui on commence en primaire mon dieu O_O). On admire donc cette vie faite d'une certaine simplicité mais Byambasuren Davaa nous réveille vite en nous montrant aussi que la ville reste quand même indispensable. On arrive en quelque sorte au crépuscule d'une vie traditionnelle mongole, les générations futures laisseront sans doute tomber la yourte. Byambasuren Davaa dévoile aux spectateurs une partie des légendes et croyances mongoles, lorsque Nansa est perdue et va se réfugier chez une vieille femme. Celle-ci lui raconte l'histoire de La cave du chien jaune ou encore le cycle des réincarnations. Une ambiance mystique plane durant cette scène où tout s'assombrit. Une vieille femme qui transmet quelques histoires bien traditionnelles à une toute petite fille, ça faisait légèrement "feu de camp indien".
Le chien jaune de Mongolie est un film fait pour tous. Petits comme grands, en famille ou avec des amis, voilà un film tout public, même en version originale. C'est frais, tendre, instructif, authentique, poétique, beau, mignon et en plus, la réalisatrice a réussi à livrer un petit message. Un film à découvrir, à voir au moins une fois. Je ne suis pas une grande fan des paysages mongols, de la nature, du bétail, et même sans être vraiment touchée par la vie dans les yourtes (dieu sait combien je préfère mon métro), on se laisse très facilement porter par ce film où on ne voit pas du tout le temps passer. On se dit "déjà?" au moment de voir le générique défiler. Avec un titre pareil, j'ai presque cru que j'allais m'ennuyer devant le film. Habituée aux grandes productions hollywoodiennes qui font "boum", ça fait parfois du bien de se vider les poumons. Et message pour une certaine personne si elle vient sur cet article: Nansa, ce n'est pas moi petite!
Un grand merci à Vasan et Kawata car je ne l'aurais jamais vu de moi-même