Manhole

Un homme nu et rongé par la maladie déambule dans la rue marchande de la ville de Sasahara. Avant de mourir, il contamine un étudiant. C'est le début d'une dangereuse épidémie, les victimes meurent dans les 48 heures suivant la contamination. Nao Inoue et Ken Mizoguchi, agents de police du bureau d'investigation du commissariat de Sasahara travaillent sur l'affaire. Le virus est d'origine filaire et affecte d'ordinaire les animaux plutôt que l'homme. Ensemble, ils découvrent que ce virus provient des égoûts et qu'un homme, Masaaki Mizuno, se trouve derrière cette affaire.
Avis : 
Après des one-shot comme Duds Hunt et Reset, Tetsuya s'attaque à sa première série. Manhole est une série courte de trois volumes et c'est toujours Ki-oon qui l'édite en France. Le premier volume de Manhole sort en même temps que Reset, pour satisfaire les fans de Tetsuya Tsutsui. Manhole est une histoire d'épidémie et s'éloigne enfin de la technologie. Seulement, le thème des "déchets" de l'humanité que Tetsuya Tsutsui avait déjà légèrement abordé dans Duds Hunt revient dans Manhole. Manhole signifie égouts en anglais.
Après ma déception sur Reset, je me réconcilie enfin avec Tetsuya Tsutsui grâce à Manhole. D'un point de vue graphique, le dessin est très pur mais pas aussi lisse et sans âme que dans un Reset. Pour moi, Tetsuya Tsutsui a fait beaucoup de progrès, son trait est plus précis mais en même temps, il a gardé ce petit côté crayonné qui faisait le charme de Duds Hunt pour mettre en image Manhole. Les visages des personnages (sauf féminins) sont plus élaborés aussi, comme les agents de police, Mizoguchi ou d'autres qui parsèment l'oeuvre. Le dessin est donc totalement réussi, il n'est pas lisse comme dans Reset mais laisse un peu de distance avec le lecteur, le trait est un peu froid, correspondant bien à l'ambiance du récit.
Manhole change la donne. Contrairement à Duds Hunt ou Reset, on ne fait pas face à la technologie de pointe mais plutôt au crime biologique. De plus, on n'a pas une histoire d'action mais plutôt une enquête menée par deux agents de police. Ainsi, on peut voir un Tetsuya Tsutsui avec un récit plus posé. Néanmoins, le suspense est bien dosé et la tension règne dans cette oeuvre. L'ambiance est parfois glauque. Chose nouvelle également chez Tetsuya Tsutsui, on a droit à un peu d'humour pour contrebalancer le côté sombre de l'oeuvre, comme le policier avec ses jeux de mots débiles, Mizoguchi et ses sucettes Chupa Chups ou encore les réflexions de Nao Inoue, plutôt capricieuse. Les personnages sont donc un peu moins tendus que ceux que l'on croise dans les autres oeuvres, ils ont un côté plus "manga" et sont très sympathiques.
Bref, un premier volume qui commence sur des chapeaux de roues. J'espère ne pas être déçue pour la suite mais avec Manhole, voici enfin une bonne surprise, ce qui me permet de pardonner Tetsuya Tsutsui pour son fade Reset. Une histoire qui tient en haleine et qui ne semble pas s'attarder, des personnages classiques mais sympathiques (de toute manière, leur développement n'est pas le but d'un manga dans ce genre), un découpage toujours vif, de jolis dessins (je suis moi-même tentée d'en faire l'achat)... du divertissement très réussi!!!
Merci à Sop