Les Thanatonautes (Bernard Werber)

Michael Pinson et Raoul Razorbak sont scientifiques et amis d'enfance. Depuis leur plus jeune âge, une passion les réunit: la mort. Ensemble, ils révolutionnent le monde en inventant la thanatonautique (l'exploration du monde des morts) et tentent de percer les secrets de l'au-delà.
Avis : 
Bernard Werber est ce qu'on peut qualifier d'auteur à succès. Chacun de ses ouvrages bénéficie de publicités lors de sa sortie, souvent dans les couloirs du métro ou encore mieux, sur les quais, en affiche géante. Malgré cette renommée, je n'ai jamais été tentée par ses livres. Pourtant, la curiosité m'a poussée à découvrir pourquoi tout ce qu'écrit Bernard Werber est si intéressant. Je voulais commencer par Les Fourmis mais c'est finalement Les Thanatonautes que j'ai eu entre les mains.
Je m'attendais à lire un ouvrage de science fiction comme les autres, avec un auteur qui raconte de manière assez "effacée". Finalement, l'histoire se déroule à Paris et l'époque ne semble pas si éloignée de la nôtre. L'écriture de Bernard Werber est plus qu'agréable et l'auteur est de connivence avec son lecteur, j'ai souvent l'impression qu'une personne me raconte une histoire, juste en face de moi, et me parle, comme si on prenait un verre ensemble. Bernard Werber commence son récit en introduisant les deux personnages principaux, depuis leur tendre enfance, leur première rencontre, les jours à l'école, enfin toute leur vie quoi. C'est ce que j'ai le plus apprécié dans ce roman, les différents personnages sont toujours introduits avec soin, ce qui les rend plus attachants.
A côté de ce côté "je raconte une histoire", le roman est entrecoupé de petits passages comme des extraits de livres anciens (avec légendes égyptiennes, juives, chrétiennes, indiennes et autres, sur la mort), des manuels d'histoire racontant aux enfants de demain l'époque pendant laquelle les humains craignaient la mort et ignoraient tout de l'au-delà, et puis, de mystérieux rapports de police qui sont aussi l'occasion d'introduire un personnage, comme au poste (nom, prénom, nationalité etc...). La police de caractère change également à chaque basculement de narration. Ce procédé rend le roman très vivant et puis les extraits de livres anciens permettent au lecteur de s'instruire tout en suivant une histoire invraissemblable.
Les deux héros sont très attachants et ont chacun leur caractère. On est très vite ébloui, comme le héros, par le charisme de Raoul, son intelligence, sa passion pour la mort. Le héros, Michael, est plus banal, un peu fade, un homme sans grande histoire qui a réussi sa vie (professionnellement parlant), un bon gars qui n'a pas confiance en lui (et qui ne réussit pas avec les femmes). Michael est du genre à se laisser entraîner, et ce depuis sa tendre enfance puisque c'est Raoul qui lui a transmis sa passion pour l'au-delà. Autour de Raoul et Michael, on a toute une galerie de personnages farfelus, je retiens surtout le rabbin aveugle et puis cette femme italienne thanatonaute au caractère bien trempé.
L'exploration de la mort permet à Bernard Werber de nous montrer qu'il a une imagination sans borne, il nous donne une image de l'au-delà, à quoi ressemble cet endroit et surtout, on apprend que le continent de la mort est un endroit que l'on peut physiquement atteindre. C'est sur une idée originale que se base ce roman, ainsi, on a toute une partie intéressante et passionante que j'ai dévoré sans lever les yeux de l'ouvrage. L'enfance des héros, leurs expériences de la thanatonautique, la découverte du continent de la mort et puis vient Mach 1... Après ce moment, Les Thanatonautes devient vraiment très répétitif et j'ai fini par me lasser des Mach car il en existe un petit paquet.
Heureusement, l'écriture de Bernard Werber est très vivante, à l'opposé de L'échiquier du mal et m'a permis de continuer à lire l'ouvrage sans déplaisir. La troisième partie du roman redonne de l'intérêt aux Thanatonautes avec les effets de la thanatonautique sur la société qui se retrouve transformée. Ainsi, Les Thanatonautes prend une dimension philosophique avec les personnages qui se questionnent sur le sens de la vie. D'une histoire qui débute par la découverte de la mort, on redécouvre la vie et le bonheur (ça redonne aussi le sourire aux lèvres). Malheureusement, la fin en déroutera certains car elle est abrupte. En même temps, je la trouve facétieuse, un peu à l'image de Bernard Werber qui semble, à travers son écriture, du genre malicieux. Et puis, Les Thanatonautes étant le premier d'une trilogie, la suite des aventures de Michael Pinson est relatée dans L'empire des anges.
Les Thanatonautes est un roman de science fiction original et dans un cadre proche du nôtre, se déroulant dans des endroits que le lecteur connaît plus ou moins. C'est surtout l'écriture de Bernard Werber, sa complicité avec le lecteur, le récit vivant et cette malice que j'ai apprécié. L'histoire, bien que très intéressante et captivante au début, se révèle répétitive mais l'intérêt revient ensuite, malgré une fin abrupte. Les Thanatonautes m'a convaincue et je lirai Les Fourmis, son oeuvre phare.
Merci à Zushi