Les rivières pourpres 2: Les anges de l'apocalypse

Le commissaire Niemans (Jean Reno) enquête dans un monastère de Lorraine à propos d'un cadavre emmuré. Ceci n'est que le commencement d'une succession de meurtres. Au même moment, Reda (Benoît Magimel) sauve la vie d'un fou qui se prend pour Jésus. Il l'emmène à l'hopital mais ce dernier manque de se faire tuer par un moine cascadeur. Décidé à découvrir ce qui se trame derrière cette tentative de meurtre, Reda tombe sur Niemans, son ancien professeur à l'école de police. Ils découvrent que leurs affaires se rejoignent et décident de faire équipe, secondés par Marie (Camille Natta), une spécialiste en religion.
(Je me souviens de peu de choses de la fin mais on apprend que les moines cascadeurs sont en fait dopés par une substance développée durant la seconde guerre mondiale par des Nazis. Vous avez dit gros? Oui un peu... sinon tous les gens meurent, Christopher Lee se suicide lorsqu'il découvre la vérité mais je n'ai pas trop pigé pourquoi, un prêtre se suicide, de la photo des faux apôtres aucun ne survit. A la fin, celui qui se prend pour Jésus et qui n'a aucune information civile est hors de danger et se réveille heureux à l'hopital. Ca se termine avec Jean Reno et Magimel qui se vannent, l'un disant de l'autre que son chien a les mêmes yeux et qu'il l'a appelé comme lui... ce qui est censé être drôle mais ne l'est pas...)
Avis : 
Les rivières pourpres fut un des succès français de l'année 2000, Mathieu Kassovitz montrant qu'on peut faire des thriller à l'Américaine dans l'Hexagone. Comme tout succès, Les rivières pourpres est devenu une saga alors que le roman de Jean-Christophe Grangé ne donnait aucune possibilité à une suite. Chaque opus est réalisé par un réalisateur différent et le deuxième, Les anges de l'apocalypse, sorti en 2004, est signé Olivier Dahan. On retrouve toujours Jean Reno dans le rôle de Niemans. Cette fois, plus de Vincent Cassel mais un jeunot, Benoît Magimel puis un personnage féminin incarné par Camille Natta. Enfin, nom prestigieux à l'affiche puisque ce cher Christopher "Saroumane" Lee est convié aux festivités. Johnny Hallyday est également crédité. L'ayant raté lors de son passage sur TF1 un dimanche soir (et n'étant pas spécialement motivée), il a fallu que je finisse par voir ce film français en Allemagne le dimanche 24 septembre sur ProSieben (pour une fois que je pouvais voir un film en VO à la TV...). Comme pour Bad Boys II, le premier opus était passé mercredi afin de mettre le public dans le bain.
Les rivières pourpres 2: Les anges de l'apocalypse n'a pas grand chose à voir avec Les rivières pourpres, à part le commissaire Niemans. Ah, on trouve aussi dans la narration deux flics qui se rejoignent vu que leurs affaires sont liées. Il n'y a donc rien à craindre si le premier opus n'a pas été vu. Je vais donc être honnête: j'ai trouvé ce film très drôle et je me suis sacrément bien éclatée ce dimanche soir. Les rivières pourpres 2: Les anges de l'apocalypse est en fait un gros n'importe quoi. Les premières scènes sont pourtant crédibles, installant une atmosphère surnaturelle et mystique, avec en décor un monastère. Enfin, les deux minutes avant l'apparition du titre quoi, ce qui est maigre. Car dés que l'on voit Niemans, on veut déjà rire: Jean Reno a vraiment l'air blasé dans ce film et il livre un jeu assez plat, il reste de marbre. Toujours la même tronche, le même regard, mieux que ce bon vieux Chuck Norris (ce qui n'est pas dur en même temps) mais pas loin quand même. Une chose est sûre dans Les rivières pourpres 2: Les anges de l'apocalypse: l'intrigue est faussement mystique et faussement policière. En fait, le scénario est clairement tiré par les cheveux et je me demande bel et bien de quoi parlait le film. On y voit des moines cascadeurs (beaucoup ont comparé ça aux Yamakasi et j'ai vraiment cru qu'ils étaient donc de la partie avant de voir le film LOL) qui se déplacent sans logique aucune dans un hopital... et personne ne les trouve suspects, ça non alors qu'ils ont le visage caché 24h/24. Mais le plus choquant pour moi, c'est lors des course-poursuites où jamais le vent ne parvient à faire bouger la capuche: était elle fixée par de la glue à la tête de l'acteur O_o?
Intrigue nébuleuse religieuse à deux balles avec au moins un point positif: on ne sait pas où ça mène. Au début j'ai cru que c'était faute à l'allemand pas au point de mon côté mais finalement, c'est bel et bien confus, des moines, une espèce de Jésus dingue, des Nazis, on fout un peu de tout et on touille. Les débuts de Magimel notre jeunot sont assez jouissifs. Il entre dans un appartement où une meuf le chauffe pendant que son Emilio n'est pas là. Comme par hasard, appartement glauque, musique sexy, la meuf est une salope droguée battue par son cher et tendre, tout est là pour se la ramener "rebelle" et "djeunz". Ah, et cette réplique du "si tu veux on pourra baiser" ("du kannst mich ficken") et l'autre qui répond "t'es gentille" ("du bist nett"), ça a moins d'effet en allemand mais ce fut bien rigolo quand même. Le comique atteint son appogée quand Magimel se bat à la film HK contre Emilio. Quel rebelle ce flic, j'vous jure :p. J'ai tout de même un regret de ne pas avoir vu ce film en français car les répliques étaient déjà bien nases en allemand alors j'ose même pas imaginer sans le talent des doubleurs... Il paraît qu'on avait en plus des jeux de mots super débiles en français et que la scène du supermarché est bien plus culte encore dans la langue de Molière (déjà que j'étais morte de rire toute seule quand je l'ai vue avec Jean Reno qui dit à l'autre de courir et personne qui ne fait attention au moine cagoulé en faisant ses courses tranquillement lol).
La palme va sans doute à l'interprétation. Jean Reno est tout vide, on se demande s'il ne se balade pas dans le film. Il est vrai que c'est toujours ça de gagné, un peu d'argent de poche :p. Magimel est le plus motivé, c'est vraiment le seul à se donner à fond dans son rôle mais malheureusement pour lui, ses efforts sont réduits à néant car le scénario joue tellement la carte de la top-crédibilité qu'il paraît lui aussi débile. Mais la boss de ce film, la révélation, celle qui surpasse tout le monde, c'est Camille Natta! Mais que fout-elle dans ce "film"? Je n'ai sans doute jamais vu une actrice jouer aussi mal! Son regard était aussi vide que mon réfrigérateur et je me demande encore à quoi servait son rôle. Evidemment, fallait bien caser une meuf. En même temps, je me demande aussi quels rôles ont joué Jean Reno et Magimel quant à la résolution de l'affaire ou tout simplement sur l'enquête inexistante et sans queue ni tête. Mais vraiment, j'aurais trop aimé entendre l'actrice en français car sa voix originale devait être à l'image de ses expressions faciales, alors que la doubleuse allemande ne faisait finalement qu'enrichir son jeu. Et enfin, Saroumane ne fait qu'apparaître ici et là, se serait-il trompé de film? (mais la réponse est donnée dans le résumé bonus en commentaire)
Pour en revenir au scénario, la fin est aussi risible, surtout quand on apprend le secret des moines. Et puis l'inondation fait vraiment très Indiana Jones. Une chose que je me demande toujours, c'est le geste de Saroumane à l'issue de cette affaire (il se suicide), pourquoi? Je n'ai pas très bien saisi à ce moment-là. De même pour le prêtre au médaillon d'ailleurs. A côté de ce scénario fourre-tout où on n'y pige pas grand chose et où on se demande ce qu'ont les Nazis à faire dedans (il faut toujours un méchant allemand sinon c'est pas drôle en effet...), la réalisation ne brille pas par ses qualités. Il faut dire que le film est mou lorsqu'il n'y a pas d'action. Même ces dernières ne sont pas super bandantes, voire ridicules quand on a le moine à capuche. La caméra est tremblante et fait plus mal au crâne qu'autre chose lors des course-poursuites. Le plus drôle, c'est le changement climatique avec le ciel qui s'assombrit à chaque fois qu'un truc va se passer: découverte d'un corps, incendie, tout y passe. Allez on la refait: plan de caméra sur le ciel et hop, on revient sur les personnages et comme c'est trop subtil, on ne se doute pas que quelque chose de terrible s'est déroulé. OK, le spectateur aime se détendre et ne pas réfléchir, moi la première, mais on n'a pas besoin d'être assisté.
Les rivières pourpres 2: Les anges de l'apocalypse est sûrement l'une des comédies de l'année. Plus fort que Tampopo, de très loin. Qui a dit que je n'aimais pas les comédies françaises? On se demande ce que foutent les personnages, ce que fout le réalisateur, ce que fout le scénariste, et surtout, il faut me dire quelle came tout le staff a pris. On a dû bien rigoler pendant le tournage :o! Plus sincèrement, je conseille la vision de ce film à plusieurs, après une soirée entre copains. C'est dommage que je n'ai pas pu (par fatigue sinon je ne me gêne jamais) voir SWAT juste après. J'aime voir les films aussi peu intellectuels en allemand car j'ai plus de temps libre ici qu'en France. Enfin, je pense qu'il aurait fallu arrêter le massacre avec ce deuxième opus et je tremble déjà pour le troisième intitulé Les armes de l'ombre... c'est quand même un défi difficile de faire pire que Les anges de l'apocalypse, ce qui en fait finalement, un film culte malgré lui.