Mission: Impossible 2

Ethan Hunt (Tom Cruise) a pour mission de récupérer le terrible virus Chimère qui a la capacité de tuer sa victime au bout de 48 heures après contamination. Un vilain personnage du nom de Sean Ambrose (Dougray Scott) est malheureusement en possession du virus et nourrit le projet de contaminer tout Sydney afin de se faire un maximum d'argent, étant le seul à posséder l'antidote. Ambrose est de surcroît l'ancien élève d'Ethan. Pour mener cette mission, Ethan recrute les services d'une charmante voleuse, Nyah Hall (Thandie Newton), qui est aussi l'ex-petite amie d'Ambrose.
Avis : 
Sorti en été 2000, le deuxième opus de Mission: Impossible est réalisé par le Hongkongais John Woo. Accompagnant cette sortie, je me souviens d'un énorme tapage médiatique dont je fus complètement victime. En effet, ayant adoré le premier volet (avec un Tom Cruise appétissant on ne rigole pas), je voulais voir cette suite surtout avec le nom d'un compatriote sur l'affiche (c'était suffisamment rare pour le signaler à l'époque). Et puis finalement, j'ai été le voir au cinéma à Nice, avec mon frère et un copain à ma mère qui se faisait appeler "onichan" (grand frère) afin d'éviter un "ojisan" (tonton) reflétant une différence de génération (mais la vérité est là et non ailleurs). Ce fut mon grand coup de coeur de l'été (aimant et Tom Cruise et les films d'action explosifs). Enfin, pour la petite histoire, Linkin Park n'a pas été le seul à écrire une musique pour le film, Leon Lai ayant aussi fait son propre morceau intitulé Mi-II dans son album Beijing Station. C'est cette année, à l'occasion de la sortie du troisième opus baptisé M:i:III (c'est tout laid) que Mission: Impossible 2 a été rediffusé sur TF1 un dimanche soir juste avant un certain Traque sur Internet (no comment).
Dans la saga Mission: Impossible, les films se suivent et ne se ressemblent pas. Du moins, pour les deux premiers volets, n'ayant pas osé entrer dans une salle de cinéma et payer ma place afin de voir le troisième opus réalisé par Jeffrey J. Abrams, co-créateur de la série à succès Lost. Le premier opus était un film d'espionnage en équipe signé Brian De Palma, gardant le thème musical de la série accompagné de la petite allumette. L'affiche gardait aussi la police de la-dite série. Pour ce Mission: impossible 2, l'affiche change complètement de ton avec du feu et une police "moderne" affublé du petit nom M:i-2. L'allumette est si je me souviens giclée du générique et puis le thème musical a subi une remise au goût du jour avec Linkin Park. Mais le grand changement s'opère pour la démarche de la mission: d'une équipe on passe à un homme seul, Tom Cruise (my name is Cruise, Tom Cruise) et d'espionnage, on passe à un film d'action, John Woo oblige (on aurait appelé quelqu'un d'autre sinon). Enfin, Tom n'est pas totalement seul, il y a aussi le pilote d'hélicoptère Ving Rhames, rescapé du premier opus, des Ailes de l'enfer en copain diabétique de Nicolas Cage ou non rescapé du célèbre viol anal dans Pulp Fiction (tout de suite on se souvient mieux, hein La Crampe?).
Et c'est ce détail minime que je n'ai pas su remarquer à l'époque où je l'ai vu au cinéma, emportée par l'action et les différentes explosions. Avec un regard nouveau, j'avoue avoir plusieurs fois souri ou ri: Mission: Impossible 2 est sûrement le film le plus narcissique que j'ai vu. Et voilà t'y pas qu'on voit Tom Cruise partout et tout le temps. Le moindre prétexte est là pour le filmer en gros plan, cheveux dans le vent (parce que je le vaux bien) expliquant pourquoi il les a laissés pousser dans cet opus. Alors dans la série on citera "Tom fait de l'escalade", "Tom en James Bond dans sa belle bagnole", "Tom avec deux revolvers à la John Woo", "Tom faisant des arts martiaux", "Tom à moto" et j'en passe. On a l'impression que Tom Cruise exauce ses fantasmes de gosse, ce qui m'a fait penser à la série de livres jeunesse "Martine à la plage", "Martine à la ferme", etc... Bien entendu, le méchant de l'histoire, aussi riche soit-il, doit être moins beau que Tom pour ne pas lui voler la vedette.
Autre chose de regrettable dans ce Mission: Impossible 2, c'est son personnage féminin. Je me souviens d'une Emmanuelle Béart toute autre dans Mission: Impossible (une belle traîtresse). Ici, notre Tom Cruise Girl incarnée par la ravissante Thandie Newton (qui jouera ensuite dans Collision) m'a donnée l'impression d'une décoration, de la princesse à sauver. Elle n'est là que pour son joli minois et elle est la seule à avoir des gros plans comme Tom Cruise, car il faut bien que les jaloux de l'acteur en aient aussi pour leurs yeux (et aussi, parce qu'elle le vaut bien). Délicieuse à voir mais finalement trop peu exploitée à mon goût, faisant ressortir le côté romantique de Tom Cruise (quel beau gosse). Enfin, Tom Cruise est tient bien la route (mais moins beau avec les cheveux longs :p) mais je me souviens très peu du vilain Ambrose tant il avait peu de charisme. En bonus, on retrouve Anthony Hopkins dans le rôle du chef d'Ethan Hunt.
Mission: impossible 2 est typiquement le genre de film que j'adorais à l'époque: film d'action explosif à grand budget avec quelques jolis combats et des cascades à gogo, un rythme bien haletant et un peu de suspense (quand même). Il faut avouer que la réalisation de John Woo (dont j'avais adoré Volte-Face peu avant) pète bien dans une salle de cinéma et que c'est plutôt impressionnant quand on ne mate pas souvent des films du maître. Le scénario n'est pas totalement délaissé non plus mais beaucoup moins élaboré que pour l'opus précédent, ce qui m'avait légèrement déçue. Enfin, j'ai toujours trouvé le jeu des masques un peu lourd, surtout que c'est prévisible (et pourtant j'avais tout oublié) en particulier dans la scène vers la fin où le gros vilain tue son sous-fiffre qui porte le masque de Tom, ça fait pas de mal de changer de peau diront certains. Bien entendu, c'est encore un prétexte pour voir Tom Cruise le plus souvent à l'écran (Narcisse quand tu nous tiens).
Avec un regard neuf, je trouve que Mission: Impossible 2 n'a rien de très novateur. Toutes les scènes du film sont des grands classiques de John Woo: on retrouve donc les gunfights du maître, les oiseaux, le combat sur la plage, les cascades à moto. En ayant vu un ou deux films du réalisateur (il m'en reste encore des classiques non vus), on a l'impression que chaque scène d'action a été déjà vue dans un autre film, c'est du réchauffé. Et que dire de cette course-poursuite glamour sur fond de tango entre le gendarme et la voleuse à bord de voitures de luxe rappelant James Bond. Même la rencontre et le début dans la villa en Espagne (rhooo la rencontre sexy dans la baignoire avec ses faux sous-entendus xD). Et comme dans le premier épisode, Tom se retrouve suspendu à un harnais.
Mission: Impossible 2 constitue un film d'action grand spectacle mais une suite bafouée. Remarque, c'est une tradition de bafouer dans cette saga, Mission: Impossible bafouant déjà la série originale. John Woo a rempli son contrat: faire un film d'action américain à la Hongkongaise, exauçant les fantasmes et le narcissisme de Tom. Le résultat est spectaculaire quand on ne connaît pas les films du réalisateur et on en a pour son adrénaline. Il faut l'avouer, Mission: Impossible 2 est fort peu original, les scènes d'action étant déjà vues. Ceci dit, j'aime bien ce film et j'en ri souvent, repensant au narcissisme de Tom. Il s'appelait comment déjà le personnage principal? Peu importe, retenez seulement que Tom Cruise joue dedans, c'est amplement suffisant: on ne voit que lui. Ce film aurait pu simplement s'appeler Tom Cruise dans un film de John Woo, ça n'aurait pas fait de différence... sauf que Mission: Impossible, c'est quand même plus vendeur!