Punch-drunk love - Ivre d'amour

Publié le par a-yin

Barry Egan (Adam Sandler) est un trentenaire timide et solitaire dont la vie est contrôlée par sept soeurs. Son plaisir dans la vie réside dans la collection de bons d'achats de puddings, lui permettant d'accumuler des miles gratuits de voyage aérien. Homme doux et rêveur, il lui arrive d'emmagasiner trop de colère pour la sortir d'une manière quelque peu violente. Pourtant, c'est grâce à une de ses soeurs qu'il va rencontrer l'amour en la personne de Lena Leonard (Emily Watson) avec qui un rendez-vous est arrangé. C'est le coup de foudre immédiat pour Barry et Lena qui vivent sur un petit nuage mais bien vite, le passé refait surface. Barry a quelques démêlés avec une compagnie de téléphone rose qu'il a contacté avant de rencontrer Lena, dans un moment de grande solitude. Celle-ci l'a arnaqué et lui annonce qu'il doit débourser une grande somme d'argent.

Avis :

Après Magnolia, le talentueux Paul Thomas Anderson revient avec Punch-drunk love - Ivre d'amour, une histoire beaucoup plus légère, plus simple et surtout plus courte (1h37 contre 3h). Et avec son quatrième film, Paul Thomas Anderson remporte le prix de la mise en scène au festival de Cannes (édition 2002), à égalité avec Im Kwon-Taek pour son Ivre de femmes et de peinture (on remarquera au passage la présence du mot "ivre" dans les titres français de ces deux films). Sont réunis dans cette comédie romantique Adam Sandler, star de la comédie américaine (à l'affiche dans Click), et Emily Watson, actrice au nom célèbre que je ne connais pas (les fans de Lars Von Trier diront Breaking the waves). Son affiche sobre et romantique ne me disait rien, Adam Sandler le Waterboy ne me donnait pas envie mais je me demandais pourquoi un prix de la mise en scène pour une simple comédie romantique. Et après avoir apprécié Magnolia, j'ai finalement pu voir Punch-drunk love un mercredi soir sur RTL9 (merci la Freebox).

Il faut l'avouer, le pitch du film n'est pas très passionnant. "Boy meets girl, girl meets boy, love at first sight and everyone is happy" c'est même très peu engageant. C'est aussi d'une simplicité enfantine, une bonne vieille histoire d'amour. Mais il y avait ce nom, Paul Thomas Anderson, et après avoir vu Magnolia, on se doute bien que cette comédie romantique n'est pas une comédie romantique façon Hollywood comme on peut en voir tous les six mois, avec schéma classique de deux personnes opposées qui se rencontrent, qui gaffent, font rire et finissent dans les bras l'un de l'autre. Il n'y a pas de véritable complication, de découverte du sentiment amoureux, dés le départ nos deux tourtereaux tombent amoureux. C'est aussi ce qui fait le charme de ce film, cette simplicité du sentiment amoureux, ce naturel et ce débordement de bonheur. Le bonheur de ce couple nous gagne ou nous fait penser qu'on a oublié ce qu'est le bonheur ou même ce qu'est la vie.

Et ce bonheur, il nous gagne grâce à la réalisation. La scène où nos amoureux passent une soirée à Hawai est le point culminant du film. Le festival de couleurs, les lumières, la caméra qui suit nos deux personnages les montrant seuls sur une avenue presque déserte donnent à cette histoire d'amour une certaine magie et surtout beaucoup de poésie. Une magie de l'espace avec donc cet endroit paradisiaque qu'est Hawai mais aussi une magie du moment par les lumières et la nuit. C'est aussi ce moment qui rappelle les comédies musicales, un retour à l'ancienne aux sentiments simples (l'introduction avec le titre et les couleurs de fond très vives font penser aux films de l'époque). La musique bénéficie aussi d'un changement, elle est plus calme et surtout moins bruyante, j'y reviendrai dessus plus tard. Les acteurs ne sont pas en reste et semblent très naturels. Je ne connais aucun des deux acteurs (jamais vu un film avec Adam Sandler ni Emily Watson), eux qui ne semblent pas spécialement assortis le sont largement devant la caméra. Adam Sandler en benêt trentenaire nous paraît très attachant et émouvant, c'est un rôle écrit sur mesure, lui qui a l'habitude de jouer ce genre de personnage. Je salue tout de même sa performance par exemple au début du film (très attachant par sa solitude ou son autisme) ou lors des scènes de colère. Mais il y a surtout un élément ravissant, Emily Watson, si fraîche, si pure et surtout si naturelle.

Mais le bonheur n'est pas le seul élément de ce film. Et c'est là que Punch-drunk love tire son originalité. Si le rendez-vous à Hawai nous semble si magique, si unique, c'est parce que le quotidien est finalement très quotidien. Dans les comédies romantiques habituelles, on voit des personnages à la vie professionnelle et sociale plutôt riche, ce qui n'est pas le cas ici. On n'est pas non plus dans le cas de figure du mega looser qui finit avec une bombe sexuelle. Les personnages sont dépeints de manière simple et plus banale. La photographie est réaliste, avec même quelques grains, rien de très valorisant. De même, il y a cette caméra aux plans parfois étranges comme ce début hyper déroutant avec vue pendant quelques minutes sur une ruelle (j'ai même cru me tromper de film). Et puis l'ambiance musicale. Soit il n'y a rien (et on peut admirer le silence dans une comédie romantique outre-atlantique!), soit des percussions. Oui, des espèces de percussions (avec en plus un bruit ressemblant vaguement à une scie qui coupe du bois) bien bruyantes et surtout... déroutantes, pas agréables pour un sou. C'est très original, donnant l'impression de reféter les états d'âmes de notre héros, ces musiques s'intensifiant quand il est en colère ou disparaissant pour de la musique "normale" lors du rendez-vous à Hawai. Bref, cette réalisation est particulière et déroutera certains, mon père s'étant plongé dans son journal au bout de 20 minutes.

Et à côté de cette histoire d'amour, de ce quotidien banal, il y a des moment de pure folie. Le personnage principal est déjà un peu fou en soit. Frustré, il n'a jamais pu en placer une face à ses sept soeurs qui étouffent sa vie sentimentale. Il ne se met jamais en colère mais celle-ci éclate quand il est seul. Et c'est lá que ça en devient dingue: il casse TOUT! La scène où il démolit les toilettes d'un restaurant chic est assez culte. Le reste du temps, c'est un gentil bonhomme, assez effrayant de cumuler la colère! En parallèle de l'histoire de coeur, il y a une arnaque par le téléphone rose. Là encore, le spectateur se retrouve emporté dans un film complètement dingue avec des engueulades au téléphone et des mecs pas nets avec tatouages, muscles, poils au mentons et mal coiffés.

Punch-drunk love est un film à plusieurs facettes. D'une part la romance magique, le quotidien chiant à mourir et puis la folie du héros. Avec un pitch finalement très classique et mille fois abordé au cinéma, Paul Thomas Anderson parvient à captiver le spectateur. La mise en scène est très originale et Paul Thomas Anderson justifie donc le prix remporté à Cannes. Punch-drunk love est un film à voir, plus abordable que le long Magnolia pour débuter avec le réalisateur. Il est possible de ne pas du tout adhérer à la mise en scène et surtout aux musiques insupportables mais au moins, voici un film unique. Ravissant, charmant, coloré et surtout plein de vie, Punch-drunk love arrive à faire sourire.

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Publié dans Cinéma

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V
J'avais vu le film à sa sortie et je l'avais bien aimé, alors que j'avais trouvé Magnolia moyen. Je ne me souviens plus de la musique, mais j'avais noté une excellente mise en scène, et en revanche, un scénario un peu léger.
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A
Oui le scénario est justement ce qui met en valeur la maîtrise de la mise en scène de PTA! Avec un tel truc faiblard expédié en deux minutes chrono il arrive à faire un film tout plein d'originalité et de vie :o. Quant à la musique putain c'est ce qui m'a le plus marquée O_O! C'est si relou ou étrange xD surtout le truc de la scie lol :D!
B
Faut vraiment que je le regarde celui-là... bravo pour le nouveau design !
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A
Ce n'est pas le genre de film qui plaira à tout le monde mais oui Bra faut le voir !!!!!! Rien que pour sa musique... spéciale (je sais que ça t'intéresse xD). Et merci pour le design ;) mais il ne mérite pas de bravo plutôt un bon cahier de doléances des yeux...