La rançon

Titre original: Ransom
Tom Mullen (Mel Gibson) est un homme d'affaires riche et puissant. Il est heureux en famille, sa femme Kate (René Russo) le comble et son fils Sean lui est plus cher que tout. Cependant, ce bonheur va vite se briser lorsque Sean se fait enlever alors qu'il s'amuse dans un parc. Le ravisseur, Shaker (Gary Sinise) n'est autre qu'un flic. Il est aidé par deux complices et sa petite amie chez qui il cache Sean. Afin de récupérer son fils, Tom doit verser une rançon de deux millions de dollars. Malgré les menaces du kidnappeur, Tom fait appel à l'agent Hawkins du FBI (Delroy Lindo). (Voyant que les recherches ne mènent à rien, Tom décide d'utiliser la rançon en tant que prime de récompense pour celui qui trouvera qui a kidnappé son fils. En passant à la télévision, Tom a fait basculer la balance, toute l'Amérique étant sur les traces de Shaker.)
Avis : 
Sorti en salles à la fin des années 90, La rançon a beaucoup fait parler de lui pour la présence de Mel Gibson (qui était très en vue à ce moment) mais surtout pour son originalité. En effet, contrairement à un film de rançon classique, Mel Gibson ne donne pas l'argent au kidnappeur mais détourne ce code du genre pour faire une chasse à l'homme. C'est surtout pour ce retournement de situation que ce film a été applaudi par la critique. Outre Mel Gibson, on retrouve aussi René Russo, sa partenaire dans L'arme fatale 3 et Gary Sinise, avec sa tête de sadique, joue évidemment le méchant. La rançon est un film réalisé par Ron Howard (monsieur mega production hollywoodienne) qui a fait parler de lui récemment avec l'adaptation du best-seller The Da Vinci Code au cinéma.
La rançon fait partie de cette catégorie de "films maudits", le genre de films qui repasse plusieurs fois à la télévision et que je réussis toujours à rater (même en l'enregistrant -> effaçage de la cassette). Cette année, j'ai décidé de briser cette "malédiction" et j'ai réussi à le voir quand il est passé sur TF1 en deuxième partie de soirée un dimanche. Après avoir entendu autant de bien de ce film, je dois avouer ma grande déception. Effectivement, il y a ce twist scénaristique qui change la proie en prédateur mais c'est bien là le seul intérêt de ce film. La rançon est finalement trop convenu par sa réalisation et ses personnages clichés (sauf le héros qui connaît bien les salauds puisqu'il en a apparamment été un).
Dés les premières minutes, j'ai été agacée par les ravisseurs, une bande d'idiots qui ne font que se disputer. On a donc "le plus gros dégueulasse que la Terre n'est jamais porté" incarné par Gary Sinise, chef de l'équipe, salaud comme pas possible et gueulant sur tous. La petite amie du chef qui n'arrive pas à supporter les complices de son mecs, des cons finis, et qui passe son temps soit à gueuler soit à chialer. Ensuite, les deux complices sont cons mais l'un est spécialiste d'électronique et l'autre, son frère, un simplet qui a suivi son frangin. Bien entendu, c'est le plus tendre et il va être moins sévère avec l'otage (et en plus il va mourir au milieu du film). Et bien sûr, comme deux gueulent déjà, il faut que tout le monde s'y mette pour s'entendre parler, des méchants très méchants et jamais soudés (et comme on s'y attend le chef tue ses complices dés que le plan foire).
La réalisation trop classique gâche un peu le tout. La tension n'est pas très présente (du moins de mon côté), tous ces ressorts pour stresser le spectateur étant trop classiques. Le scénario est intéressant mais les rebondissements (quand il donne l'argent à Shaker, on sait déjà qu'il a un plan en tête) sont trop nombreux et le film s'étale sur une durée un peu longue (2h). L'action est présente mais encore une fois, ça manque légèrement de panache. Les acteurs ne sont pas mal, je trouve que Mel Gibson et René Russo sont bien choisis pour former un couple. Gary Sinise est un méchant bien méchant, personnellement, je trouve souvent cet acteur fade. Mel Gibson interprète bien son personnage, brisé par la perte de son fils mais essayant de rester la tête sur les épaules et prenant le sauvetage en main. René Russo est ici une femme brisée, c'est rare de la voir comme ça.
Bref, c'est du Hollywood bien ficelé mais finalement habituel. Les rebondissements sont nombreux mais ne tiennent pas en haleine, le film est légèrement long. Un film qui aurait pu gagner en panache et qui aurait dû être plus court pour faire fonctionner la tension. C'est tout de même un honnête divertissement mais pas le film révolutionnant le genre rançon dont j'ai tant entendu parler.