La fièvre du samedi soir

Titre original: Saturday Night Fever
Tony Manero (John Travolta), fils d'immigrés italiens et vivant dans le Bronx, est un adolescent comme les autres. Tous les samedis soirs, il va danser au 2001 où il est le roi, l'idole des filles, surtout Annette qui rêve de coucher avec lui. En dehors de cette existence de roi du dancefloor, Tony travaille dans une boutique de bricolage. Tony a du mal à s'assumer auprès de sa famille qui le compare trop souvent à son grand frère devenu prêtre. Enfin, il passe son temps libre à traîner dans la rue avec ses copains.
Tony voit son quotidien se briser lorsqu'il fait la rencontre de Stéphanie (Karen-Lynn Gorney). Immédiatement sous le charme de la jeune femme, il la drague et se prend un rateau. Il remarque également son talent de danseuse et lui propose de devenir sa partenaire pour le concours de danse de la discothèque. Au grand dam d'Annette, Stéphanie accepte. Les deux jeunes gens ne font pas partie du même univers et apprennent à se connaître. Sous l'influence de Stéphanie, Tony réalise à quel point sa vie est ennuyeuse et vaine.
Avis : 
Réalisé en 1977 par John Badham (dont j'ai vu Meurtre en suspens cette année), La fièvre du samedi soir a marqué toute une génération. Un succès en grande partie dû à une bande son endiablée avec les Bee Gees, mais aussi à une jeunesse élevée par la discothèque qui se reconnaît dans le film. John Travolta connaît le succès avec La fièvre du samedi soir et devient l'icône d'une génération, tous les mecs voulant danser comme lui. Malgré sa célébrité, je n'ai jamais vu La fièvre du samedi soir. De ce film, je connais sa réputation kitsch, les musiques et quelques parodies dans Y-a-t'il un pilote dans l'avion?. Outre son statut de film culte et kitsch, j'ai voulu voir ce film pour une raison très con: j'ai vécu une des plus grandes déceptions de ma vie (il y a 2-3 ans lol) quand j'ai appris que ce n'est pas John Travolta qui chante Staying Alive mais les Bee Gees! Et puis, je voulais aussi me marrer. La fièvre du samedi soir est passé un lundi en deuxième partie de soirée sur M6.
Surprise. Je n'ai pas ri pendant le film, sauf en voyant John Travolta aussi jeune avec son tour de taille de guêpe. Mais le film en lui-même n'est pas drôle tout en étant kitsch, il réussit à rester sérieux. En fait, La fièvre du samedi soir est surtout la chronique d'une génération paumée qui n'a rien à faire d'autre que de traîner en discothèque, attendant donc le samedi soir. On peut voir Tony et ses amis s'ennuyer, traînant dans leur quartier sans avoir rien à faire. Les scènes les plus palpitantes et vivantes étant en effet celles où le héros se trouve sur la piste de danse.
C'est aussi la rencontre entre deux monde, le Bronx d'un côté et de l'autre le reste, le monde. C'est un jeune homme qui réalise que sa vision du monde est trop étriquée, qu'il ne fait rien dans sa vie, qu'il s'ennuie. C'est cette prise de conscience que j'ai aimée, lorsque Tony a l'air de s'emmerder royalement avec ses potes, ne voyant même pas l'intérêt d'aller avec eux à une baston. Il y a aussi une autre prise de conscience de la part de Tony: le groupe de personnes auquel il appartient ne forment pas un groupe d'amis mais un groupe de copains. Cela est flagrant dans le film lorsque le plus jeune de la bande va raconter ses problèmes (il a mis sa copine enceinte) à Tony qui s'en contrefiche totalement, lui demandant d'aller voir les autres, ce à quoi il répond qu'il s'est déjà fait jeter par tout le monde.
La fièvre du samedi soir devient dramatique. Il montre aussi à quel point ces fêtes avec abus d'alcool et de sexe sont destructives (le suicide du jeune qui finalement n'arrive pas à faire face à la réalité). Une jeunesse qui essaie de fuir une vie qui les ennuie, une vie sans ambition, se noyant dans n'importe quoi. On voit des gens totalement paumés, qui n'en n'ont rien à foutre de la vie. C'est assez désespéré comme film. Et puis, contrairement à ce que je pensais, ce n'est pas un gros film d'amour. La romance est présente mais n'est pas le sujet principal du film. Bien sûr, c'est ringard et parfois mièvre (rhoo le romantisme sur le banc dans le parc xD) mais c'est l'époque qui le veut. Enfin, le sujet étant la danse, on y voit un John Travolta très en forme, bougeant son petit cul comme il faut (moulé dans un pantalon hyper serré O_O) sur une musique endiablée... mémorable (surtout quand on voit comment il a triplé de tour de taille...)
Un film qui a marqué toute une génération et je comprends pourquoi. Il y a une certaine réalité désespérée bien dépeinte de l'époque mais on pourrait en dire presqu'autant de notre jeunesse. Le caractère paumé de la jeunesse n'a pas disparu, il a pris une autre forme, Internet ayant remplacé les discothèques pour celui qui s'ennuie. Et puis, il y a toujours cette prise de conscience des copains avec qui on traîne, qui ne sont pas nos amis et avec qui on ne partage finalement rien.