Space Cowboys

En 1958, les Etats-Unis sont en pleine la conquête de l'espace contre l'URSS. Corvin (Clint Eastwood), William Hawkins (Tommy Lee Jones), Tank Sullivan (James Garner) et Jerry O'Neill (Donald Sutherland) sont astronautes et forment la mission Daedalus. Ils se préparent à effectuer un voyage dans l'espace mais se font remplacer au dernier moment par un singe.
Quarante ans ont passé et les quatres anciens membres de la mission Daedalus mènent chacun une vie paisible. Corvin est retraité, Hawkins gagne sa vie en faisant des baptèmes de l'air, Sullivan est un prêtre et O'Neil gére un grand huit dans un parc d'attraction.
Un satellite russe dévie de sa trajectoire et menace de s'écraser sur la Terre. Personne ne peut rien faire à la NASA, le système de guidage utilisant une technologie trop obsolète. Le directeur de la NASA Bob Gerson (James Cromwell) fait appel à Corvin, le seul ayant les capacités techniques pour les sauver de cette situation. Corvin accepte d'aider la NASA à une seule condition: que la mission Daedalus soit envoyée dans l'espace.
Avis :

Après des succès de films tels qu'Armageddon de Michael Bay ou Appolo 13 de Ron Howard, Clint Eastwood signe en 2000 son space movie avec Space Cowboys. Armageddon privilégiait l'action et les effets spéciaux (et ne rigolez pas, Armageddon fait partie des films maudits que je n'ai TOUJOURS pas vu alors que j'en connais la fin...) tandis qu'Appolo 13 se basait sur le sentiment de peur (et de claustrophobie) après un incident technique. Les deux réunissaient, NASA oblige, des hommes en bonne santé. Là n'est pas le cas de Space Cowboys, une comédie réunissant des papys. La bande de cosmonautes se compose donc de Clint Eastwood, Donald Sutherland, James Garner et Tommy Lee Jones, le seul n'ayant pas encore 60 ans. Space Cowboys, avec son affiche "nous hommes nous héros", me rebutait lors de sa sortie, d'autant plus que je n'appréciais pas le personnage "macho" de Clint. J'ai vu ce film lors de sa diffusion un jeudi soir sur France 3.
Quelle bonne surprise que Space Cowboys! Voici un concentré de bonne humeur que cette comédie peuplée de vieillards. L'humour est simple, sans lourdeur et repose surtout sur les dialogues entre les quatre vieillards. Il faut dire que chacun a une personnalité propre, en particulier le génial Donald Sutherland en coureur de jupon décomplexé (rholala la visite médicale). Quand je l'ai ensuite vu en homme sérieux dans Instinct, j'avoue que les images de Space Cowboys me restaient en tête. Clint Eastwood nous livre donc un film décontracté tout en proposant une réflexion sur la vieillesse non dénuée d'humour ("comment va machin?" "il est mort" une question qu'il faut éviter à partir d'un certain âge apparemment...). Beacuoup de dérision (les vannes avec les jeunes) et d'auto-dérision dans ce film, Clint parvient à rire de son image de macho avec cette baston aux poings avec Tommy Lee Jones. La baston est classique, comme dans chacun de ses films mais voir les deux pépés essouflés prouve que même le personnage macho de Clint a ses faiblesses: l'âge comme chacun de nous.
Space Cowboys est une comédie à la touche Eastwood. Il n'y a donc rien de semblable à une comédie habituelle avec musiques à gogo et dynamisme. Clint Eastwood, même dans la comédie, compose son film de manière minutieuse et installe donc le décor, les personnages, lentement mais sans jamais ennuyer le spectateur. C'est toujours très soigné, beaucoup de finesse tout en sobriété. Space Cowboys parvient donc à être très humain tout en étant drôle mais pas trop, il y a de l'action mais pas trop, des effets spéciaux mais pas trop, du drame mais pas trop. Le dosage est fait avec beaucoup de soin. On en retire donc un film particulièrement humain non dénué de réalisme sur l'âge et donc la mort qui se rapproche. Le personnage de Tommy Lee Jones est aussi touchant et aborde la maladie sans mélodrame mais avec beaucoup de justesse.
Apparemment, d'après ce que j'ai pu lire dessus, Space Cowboys joue encore la carte de l'humour avec l'intrigue puisqu'elle fait écho à Armageddon (le sacrifice de Tommy Lee Jones correspond à celui de Bruce Willis, de plus il sortait avec Marcia Gay Harden. Celle-ci a l'âge d'être sa fille et fait donc écho à Liv Tyler, la fille de Bruce Willis dans Armageddon. Heureusement, le tout nous épargne la guimauverie. Enfin, le scénario de départ, dévier le satellite de la trajectoire terrestre ressemble au-dit film. Je comprends mieux cette volonté de sacrifier un personnage car ca m'avait déplu, peu original...). La réalisation ne privilégie pas les effets spéciaux mais plutôt le réalisme (la NASA), le "bricolage" (pour les scènes en apesanteur, ils ont usé de tous les moyens possibles), bref la sobriété.
Au niveau des acteurs, on retiendra Clint Eastwood qui arrive à jouer avec son image, Donald Sutherland, le grand moteur comique de l'oeuvre et Tommy Lee Jones qui adopte un aspect légèrement plus sérieux de la bande. En salaud du film (car il en faut toujours un), on a James Cromwell qui a la tête de l'emploi (le général dans Le désonnheur d'Elisabeth Campbell ou le flic corrompu de L.A. Confidential). Tous sont excellents, Donald Sutherland en tête. Notre quatrième larron de la bande, James Garner, se fait plus discret que ses camarades et on oublie assez vite son personnage. Il n'a pas le charisme de Clint Eastwood mais joue la carte de l'humour, dépassé par Donald Sutherland. Pour finir, il n'a pas assez d'interactions avec Clint Eastwood comme Tommy Lee Jones dont le personnage est présent par ses conflits permanents avec Clint. De ce quatrième larron, je me souviens surtout de la figurine hawaienne qui danse si on la pose dans une voiture (ou dans une navette spatiale).
Space Cowboys m'a fait passer une excellente soirée. On rit beaucoup mais Space Cowboys n'est pas dénué de sensibilité et de réflexion pour autant. Voici des pépés (Tommy Lee Jones est un peu moins pépé que les autres quand même) qui assument totalement leur vieillesse et s'amusent avec, de manière décomplexée. Le film baigne dans la bonne humeur et dans une ambiance totalement décontractée tout en sobriété, ce qui est rare (ouais car des films comme The Big Hit c'est cool mais explosif ;p). Clint ne signe pas ici un chef-d'oeuvre ni un film culte mais une comédie savoureuse et attachante.