Jinbe

Quadragénaire, Jinpei (surnommé Jinbe par ses collègues de l'aquarium) vit avec Miku depuis le décès de sa femme, avec qui il a vécu un an. Miku et Jinpei n'ont aucun lien de parenté, Miku étant issue d'un premier mariage. Alors qu'elle a un vrai père qui voudrait s'occuper d'elle, Miku préfère vivre avec Jinpei. Jinpei aime Miku comme sa fille et fait tout pour entretenir de bonnes relations père-fille avec elle. Miku est une jolie fille et a beaucoup de succès auprès des garçons du lycée mais celle-ci est amoureuse de Jinpei.
Avis : 
Quelques années après Short Program, Tonkam récidive en sortant Jinbe. Avec Niji-Iro Tohgarashi et les acquisitions de titres tels que Rough et surtout Touch par Glénat, ou encore Katsu! par Pika, l'année 2004 est le bon moment pour sortir une oeuvre de Mitsuru Adachi, l'accueil n'ayant pas été très chaleureux face à Short Program à l'époque (qui était le premier essai Adachi en France). Célèbre pour ses comédies sentimentales mêlant le sport, Jinbe est un one-shot qui se démarque de ce que l'auteur a l'habitude de faire.
Jinbe traite un thème délicat: l'inceste. Même si ils n'ont aucun lien de parenté, Miku et Jinpei forment une famille. Ainsi, l'amour que Miku porte à son "père" peut paraître choquant. La réflexion est la suivante: peut-on aimer une personne sans lien de parenté pourtant considérée comme un membre de la famille? Heureusement, Mitsuru Adachi fait preuve de finesse et de subtilité (comme toujours me direz-vous) pour raconter ce quotidien. De ce fait, cet amour ne nous paraît pas si anormal (pourtant si cela se passait dans la réalité...).
La narration est vraiment fluide. Le manga se lit donc tout seul. Une fois lancé, on ne prend pas de pause et on lit tout jusqu'à la dernière bulle. Durant tout le récit, Adachi nous dépeint des personnages très attachants. De plus, en suivant le quotdien de Jinbe et Miku, Mitsuru Adachi habitue le lecteur à la relation entre ce père et sa fille. Ainsi, l'amour que Miku porte à Jinpei ne paraît pas sale et tout devient normal pour le lecteur. Concernant la dernière partie de l'histoire, je suis un peu mitigée (le coup du faux kidnapping) mais j'ai adoré le dénouement.
Bien sûr, tout le style d'Adachi est présent. Ainsi, Jinbe possède tout de même une touche d'humour (pas trop souvent non plus, on n'a pas de clin d'oeils à d'autres titres ou on a moins de jeux de mots). On voit bien qu'Adachi ne peut se passer de parler de sport même si ce n'est pas un manga sur le sujet! Ainsi, il insère ici du football. Dans le style d'Adachi, on a aussi la belle coïncidence du père de Miku. Comme par hasard il s'agit d'un camarade de lycée de Jinpei... et comme par hasard, les deux se disputaient le coeur de la mère à Miku. Et comme par hasard, ils faisaient du football. Et comme souvent, l'héroïne est plutôt malicieuse :).
Le dessin est ici très joli et doux, comme toujours chez Adachi. J'apprécie surtout les pages couleurs (je les trouve magnifiques ^__^) et le format utilisé par Tonkam, grand format ainsi que sa couverture (pour la texture) donnent une certaine classe à Jinbe qui le mérite vraiment.
Au final, Jinbe est un petit bijou. L'histoire est belle et touchante, tout en traitant d'un thème délicat. Les personnages sont attachants et Tonkam a vraiment assuré niveau édition. Un des plus beaux (le plus beau?) manga de Mitsuru Adachi.
Merci à Sop