Goodbye, Lenin!

Berlin Est. Femme très active, la mère d'Alex (Katrin Sass) a voué sa vie au parti et est restée très attachée aux valeurs de la RDA. Alors dans le coma, le Mur de Berlin est tombé. A son réveil, les médecins précisent à Alex (Daniel Brühl) qu'il faut éviter toute émotion forte au risque qu'elle fasse une rechute. Ainsi, Alex, aidé par son entourage, a recours aux artifices les plus abracadabrants pour cacher une vérité que nul Allemand ignore.
Avis : 
Goodbye, Lenin! est une comédie dramatique allemande réalisée par Wolfgang Becker. Ayant fait de l'allemand durant ma scolarité, j'ai tout de suite remarqué la bande annonce de ce film au cinéma. Seulement, je n'ai pas osé le voir, malgré des scènes qui m'ont bien fait rire et cette fameuse envolée spectaculaire de la statue de Lenin traversant le ciel de Berlin. J'attendais surtout un passage de ce film à la télévision et finalement, ce fut le jackpot puisque Arte a décidé de le diffuser dans sa version originale un lundi en première partie de soirée (il arrive qu'Arte choisisse la VF d'où mes craintes).
Goodbye, Lenin! est une comédie dramatique et non une comédie comme je le croyais avec la bande annonce, qui montrait surtout les moments drôles du film. Après avoir parlé du Mur de Berlin en long, en large et en travers en cours d'allemand, cela fait du bien de voir enfin un film dessus, qui plus est, sur le quotidien de personnes lambda.
Ainsi, on peut voir ce changement radical du jour au lendemain de Berlin Est. L'exemple le plus bête est sûrement celui des supermarchés où les produits de l'Etat sont de suite remplacés par des produits de marques. Le quotidien est également chamboulé dans le travail, on met en binôme un Berlinois de l'Est avec un Berlinois de l'Ouest afin de mieux réunifier les gens (on voit qu'Alex et son collègue n'ont pas du tout les mêmes références culturelles). Et puis, il y a ce paysage qui change avec la naissance d'affiches publicitaires dans les rues.
Au-delà de cette réalité, Goodbye, Lenin! est avant tout un divertissement. Ainsi, les scènes cocasses ne manquent pas comme celles où Alex et son pote refont un journal télévisé à l'ancienne ou encore quand il va fouiller les poubelles pour retrouver un bocal des fameux cornichons Spreewald. Mais le ton reste doux-amer, notamment l'histoire du mensonge qui finit par ronger le héros. Malgré le sujet, Wolfgang Becker ne fait pas de Goodbye, Lenin! un film politique. Il se concentre avant tout sur la famille d'Alex et sur ses personnages, et fait de Goodbye, Lenin! un film humain.
Le ton est très juste grâce à des acteurs livrant un jeu sincère, parvenant à donner beaucoup d'humanité aux personnages, les rendant touchants. De plus, ce qui fait souvent du bien par rapport à Hollywood, personne n'est beau, la caméra n'embellit aucun des acteurs (la photographie fait ancienne), chacun reste très naturel. Le tout est en plus servi sur une belle musique composée par Yann Tiersen (voilà pourquoi elle me rappelait tant Le fabuleux destin d'Amélie Poulain).
Goodbye, Lenin! est un film humain et touchant. La réalisation est sobre, le ton est juste et les acteurs sont excellents. De plus, Goodbye, Lenin! parvient à se montrer instructif et fait partager une vision de la chute du Mur vécue par une famille de Berlin Est. Un film à voir au moins une fois. Et je remercie Arte d'avoir laissé la version originale, pas comme pour Cours, Lola, cours.