Fréquence interdite

Titre original: Frequency
John Sullivan (Jim Caviezel) est un inspecteur de police qui n'arrive pas à construire sa vie. Ses histoires d'amour sont des échecs et il habite toujours dans la demeure familiale où il reste des traces d'une enfance qu'il chérit. John n'arrive pas à surmonter la mort de son père (Dennis Quaid), jadis pompier, décédé lors d'un incendie en 1969. Un soir d'aurores boréales, il s'amuse avec le poste de radio de son père et discute avec ce dernier trente ans plus tôt! Ainsi, John profite de cette complicité naissante afin d'éviter son décès. Seulement, le danger va planer sur sa mère, future victime d'un tueur en série s'en prenant aux infirmières. Afin de préserver sa famille, John et son père doivent utiliser le poste de radio pour sauver la mère.
Avis : 
Fréquence interdite est un film de Gregory Hoblit qui s'est fait connaître grâce au thriller Peur primale (avec Richard Gere). Sorti en salles en été 2000, je me souviens avoir vu la bande-annonce lors de la séance de Gladiator. Une bande-annonce très accrocheuse, surtout le thème du dialogue entre deux personnes que trente années séparent. Et finalement, je n'ai pas été le voir, sans doute par son peu de promotion, l'oubli du titre et puis des acteurs que je ne connaissais pas. J'ai vu Fréquence interdite sur M6 et lors de sa rediffusion cette année sur cette même chaîne. On peut y voir en vedettes Jim Caviezel qui fait souvent le bonheur de ces dames grâce à ses yeux, ainsi que Dennis Quaid, un acteur que je n'affectionne pas particulièrement (ou pas du tout?).
J'aime Fréquence interdite. L'ambiance s'installe, particulièrement américaine avec beaucoup de base-ball comme sujet de conversation. C'est à ce moment que Jim Caviezel et Dennis Quaid sont très bons, entretenant une grande complicité, avec émotion dans le regard. Après, il y a le sauvetage du père et comment le convaincre qu'il est son fils. Tout ce début est très réussi et surprenant pour celui qui n'aura jamais vu d'extrait du film ou lu de synopsis. Bien entendu, on a une relation père/fils très forte, très idéalisée mais en même temps belle et touchante. Il y aussi cette originalité du voyage dans le temps, non pas voyage d'humain mais voyage d'informations dans le temps à travers les fréquences. J'aime aussi les remplacements de souvenirs chaque fois que le passé est modifié.
Le tout se gâte ensuite, après le sauvetage du père. Dés lors, on n'a plus qu'un film policier avec un serial killer qui subsiste. Bien entendu, le poste de radio est toujours utilisé mais l'effet n'est plus le même. D'une relation père/fils très forte, on passe à un thriller. C'est cette deuxième partie qui rend le film si classique, qui s'étend un peu en longueur. Les artifices sont peu originaux, les indices sont aussi ceux que l'on trouve dans tout thriller. Comme le héros est inspecteur, il fallait bien exploiter son métier. D'ailleurs, son père est pompier et sa mère infirmière, une famille très bien avec des gens qui aiment rendre service. Ce n'est sans doute pas original mais le tout reste correct et divertit largement, on ne s'endort pas sur le canapé.
Après un début très original, le film perd légèrement de sa saveur. Le côté très américain ne m'a pas gênée et le happy end est assez attendu. Finalement, c'est surtout l'histoire d'un homme qui aime sa famille plus que tout, c'est assez moralisateur comme film. Ca dit "prenez soin de vos parents, vous comprendrez le jour où ils ne seront plus là", c'est une ode à l'amour filiale, à la vie en famille. Cependant, malgré une deuxième partie très bateau, j'aime beaucoup ce film sûrement à cause du début, la mise en scène du moment où le fils et le père vont se parler. Fréquence interdite reste tout de même une bonne surprise. [NB: Cette note aurait dû paraître après K19: le piège des profondeurs.]