Elektra: Assassin

A San Concepcion en Amérique du Sud, Elektra Natchios, tueuse à gages, abat Carlos Huevos pour deux dollars. Elektra est persuadée qu'une entité maléfique nommée la Bête se trouve derrière un complot visant à asseoire son pouvoir sur le monde. L'agent du SHIELD Garrett s'intéresse de très près à l'affaire mais Elektra finit par le manipuler et le transforme en robot. Ainsi, avec l'aide de Garrett, Elektra tue tous les hommes politiques qu'elle soupconne travailler pour la Bête, et cherche à mettre la main sur Ken Wind, candidat favori à la présidence des Etats-Unis.
Avis : 
Elektra est le personnage créé par Frank Miller dans les pages de Daredevil. Ancienne petite amie de Matt Murdock à la fac, elle vit une idylle avec lui, les plus belles années de sa vie. Malheureusement, son père est tué et elle rompt alors avec Matt. Quelques années plus tard, Elektra surgit dans la vie de Matt dans la série Daredevil où elle travaille pour la Main. Devenue tueuse à gages, leur histoire d'amour est devenue impossible, Matt étant justicier. Elektra sera ensuite tuée par Bullseye mais Frank Miller, qui aime beaucoup ce personnage, lui consacre une maxi-série en huit épisodes, Elektra: Assassin, en collaboration avec Bill Sienkiewicz en 1986. Elektra: Assassin est édité en France par Delcourt sous le titre Elektra. La première édition, en 1989, comprend quatre volumes mais une édition intégrale est depuis ressortie. Enfin, je voulais signaler que ce comics n'a rien à voir avec le film (catastrophique) Elektra.
Bill Sienkiewicz fait partie des artistes qui ont révolutionné le monde des comics. En effet, son travail est très différent des dessinateurs qu'on a l'habitude de voir chez Marvel. Ses planches sont des peintures, mélangées à des dessins crayonnés. De nos jours, on a plusieurs artistes de ce genre tels Dave McKean (avec la photo en plus) ou encore David Mack. Bref, Bill était, lors de la sortie d'Elektra: Assassin, le seul à dessiner des comics d'une telle manière. Du coup, Elektra était un comics unique rien que par son aspect graphique, une véritable révolution. Aujourd'hui, je dirais que les planches ont légèrement pris de l'âge (Jimi Hendrix: La légende du Voodoo Child, travail plus récent de Sienkiewicz, on voit toute la différence). Du coup, ce renouveau apporté dans Elektra ne fait plus réellement effet mais les planches restent tout de même très personnelles. De plus, j'ai comme une impression de parenté entre le style graphique de Mack et celui de Sienkiewicz (notamment les mots faisant partie de la narration sur le dessins, la partie où Elektra raconte son enfance fait penser à Daredevil: Echo avec les dessins d'enfants).
Le récit est dur à suivre, tout d'abord parce que Miller affectionne la narration très éclatée. On a plusieurs narrateurs, plusieurs points de vue, et au début, on se sent un peu perdu. Heureusement, chaque narrateur possède sa couleur. Outre la narration, l'histoire de complots, tirée par les cheveux, très obscure. Surtout qu'en général, les complots de ce genre me passent souvent par-dessus le bob... de ce fait, l'histoire en elle-même ne m'a pas plue. Enfin, il y a la santé mentale d'Elektra. on ne sait pas si tout ce qu'elle raconte est réel ou bien si elle est tout simplement folle. Tout cela donne donc un récit très nébuleux. Et puis, Elektra possède des pouvoirs de contrôle de l'esprit, elle peut lire les pensées des autres et contrôler les gens comme ce pauvre agent Garrett complètement à sa solde, son pantin. C'est assez dur à suivre et vraiment, l'histoire ne m'a pas du tout accroché avec son fond de guerre froide. Le découpage est également particulier, on a droit à une espèce de gauffrier (2*4).
Elektra conserve toujours cet attrait qui fait d'elle un personnage si mystérieux, on ne la connaît finalement pas tant que ça, on ne sait rien d'elle sauf qu'elle possède des pouvoirs, qu'elle a été abusée et que son maître l'a chassée. On ne sait même pas si cette histoire est rélle ou si elle est sortie de l'imagination d'Elektra. Un album qui a sûrement marqué par le passé car les comics Marvel pour adultes devaient être rares, et puis les planches de Sienkiewicz, hors du commun, mais qui ont aujourd'hui beaucoup vieilli. Enfin, j'ai trouvé l'ensemble trop tiré par les cheveux et j'ai donc eu du mal à apprécier cette oeuvre (le complot, la santé mentale d'Elektra, la fin, la guerre froide, les planches, la narration, etc...) mais il s'agit d'une oeuvre à découvrir quand même rien que pour son côté culte.