Batman: Les jeunes filles et la mort

Ra's Al Ghul a beaucoup vieilli et se meurt, la faute à un certain Bruce Wayne qui détruit chaque puits de lazare qu'il découvre. Ainsi, Ra's Al Ghul, en plus d'insister pour qu'il devienne son héritier, demande à Batman de lui laisser un puits en échange de quoi il pourra parler avec ses parents défunts grâce à une potion. La proposition est alléchante, d'autant plus que Bruce a de plus en plus de mal à se souvenir d'eux en cette soirée du 25ème anniversaire de leur mort, bien qu'il n'accepte toujours pas de faire son deuil.
En même temps, une certaine Nyssa, également détentrice d'un puits de lazare, va voir Bruce Wayne pour l'empêcher de laisser un puits à Ra's et cherche à se rapprocher de Talia, la fille de Ra's Al Ghul. En fait, Nyssa est aussi la fille de Ra's et veut tuer son père qui au nom du Bien lui a fait subir d'atroces souffrances. Le moment de se venger est venu, surtout que Ra's Al Ghul lui demande de l'aider en lui prêtant son puits de lazare.
Avis : 
Les jeunes filles et la mort (Death and the Maidens) est une mini-série parue dans Batman Hors-série N°1-2. Cette mini-série est présentée par Panini comme étant indispensable pour le personnage de Ra's Al Ghul. Les jeunes filles et la mort bénéficie d'un scénario du très apprécié Greg Rucka et des dessins de Klaus Janson. Bien que j'achète le mensuel Batman chez Panini, je me méfie des hors-série et surtout des pages promotionnelles Panini qui font un peu trop de sensationnel (on ne sait plus si l'événement présenté est ou non majeur).
Je ne suis pas une grande lectrice de Batman et c'est donc la première fois que je lis une aventure où figure Ra's Al Ghul, mais je connais le personnage par Batman the animated series. J'ai été au final peu convaincue par cette aventure du Chevalier noir. Tout d'abord, j'ai eu beaucoup de mal à accrocher aux graphismes de Klaus Janson. Le design des personnages semble grossier, en particulier Ra's Al Ghul avec ses deux bouts de barbichettes qui semblaient collés sur sa peau et jamais à la même place. Ensuite, l'encrage gras n'arrange rien. Le découpage est classique, le récit comportant peu d'action. L'atmosphère étant plus sombre qu'à l'accoutumé, les couleurs sont ternes, allant plutôt bien avec le sujet de la mort (et du deuil).
L'histoire n'est pas passionnante non plus. On attend surtout de savoir si Bruce prendra la potion et s'il pourra parler à ses parents (la scène la plus réussie de l'histoire à mon avis, avec des parents qui finalement rejettent Batman et lui demandent de faire son deuil). L'atmosphère est sombre, comme souvent avec Batman mais surtout ici, parce que Bruce pense énormément à ses parents. La narration est assez plate et linéaire, suivant le schéma "présent flashback Batman Nyssa", sans véritable interruption. De ce fait, le lecteur tourne la page et ne distingue pas du premier coup d'oeil si il s'agit de la suite ou si c'est un flashback, si c'est le point de vue de Nyssa ou celui de Bruce. Bref, c'est un peu brutal, même si on s'y retrouve en lisant.
Pour l'instant, je n'arrive pas à éprouver une once d'intérêt pour le personnage de Nyssa. Ses flashbacks nous emmènent en cours d'histoire et nous montrent toutes ses souffrances, ainsi que sa relation avec son père. Nyssa est un personnage nouveau, c'est surtout un prétexte pour faire une ennemie de plus à Batman (et remplacer Ra's Al Ghul). Personnellement, j'ai tourné les pages de Les jeunes filles et la mort sans grand frisson, l'aventure a même un petit goût soporifique. Je ne connais pas assez Greg Rucka mais il a une excellente réputation, et certains de ses fans n'ont pas caché leur déception face aux Jeunes filles et la mort.
Au final, je ne regrette pas d'avoir fait l'impasse financière sur cette mini-série. Son importance capitale, comme le souligne Panini, n'est autre que dans l'apparition d'une nouvelle ennemie (ainsi que la mort de Ra's Al Ghul et encore, il n'est peut-être pas mort pour de vrai). Bruce Wayne est dans cette mini-série plus torturé que d'habitude, avec un Alfred lui demandant s'il connaissait vraiment ses parents. Pour le reste, c'est assez anecdotique, sauf les grands fans de Ra's Al Ghul. Si on ajoute le visuel peu engageant de Klaus Janson, il ne reste pas grand chose dans cette histoire. Peut-être l'ambiance, lente mais très sombre. Et puis Bruce, plus présent que Batman pour une fois.
Merci à Génie