Spider-man: India

Pavitr Prabhakar vit en Inde dans un petit village avec son oncle Bhim et sa tante Maya. Doué à l'école, Bhim et Maya décident de l'envoyer étudier en ville à Mumbai dans un établissement huppé. Régulièrement traité de Dhoti (paysan) par ses camarades, Pavitr n'a aucun ami, sauf la belle Meera Jain, seule personne qui lui adresse la parole, et dont il est épris.
Un jour, un vieil homme confie à Pavitr une amulette contenant les pouvoirs surnaturels de l'araignée, l'avatar du Bien. Pavitr doit accomplir son karma: combattre l'avatar du Mal qui se trouve à Mumbaï, sous les traits du richissime et puissant Oberoi.
Pavitr est enchanté par ses nouveaux pouvoirs et s'amuse en survolant la ville. Au même moment, une agression a lieu mais Pavitr n'en a cure. Malheureusement, elle implique son oncle Bhim, qui, en aidant la personne agressée, se fait tuer. Pavitr apprend alors qu'un grand pouvoir implique de grandes responsabilités et décide de se servir de ses pouvoirs pour faire le bien. Surtout que l'avatar du Mal va bientôt se réveiller.
Avis : 
Spider-man: India est une mini-série réalisée en Inde par les studios Gotham. Il s'agit donc d'une commande Marvel au studio, en échange duquel les artistes sont publiés aux Etats-Unis pendant que le personnage gagnera plus de popularité en Inde. Le tout est réalisé par Jeevan Kang, Suresh Seetharaman et Sharad Devarajan. En France, cette histoire est publiée dans Spider-man Hors-série N°20.
On l'aura compris en lisant le synopsis: Spider-man: India ne fait que reprendre les débuts de l'Homme Araignée, le tout se passant évidemment dans une métropole indienne. Même les noms des personnages sont gardés, en changeant quelques sonorités, Pavitr Prabhakar pour Peter Parker, Tante Maya pour Tante May, Oncle Bhim pour Oncle Ben et Meera Jain pour Mary Jane; quant au sport, le football américain ou le baseball laisse place au cricket. L'histoire ne change donc pratiquement pas, les auteurs y ont juste ajouté des éléments mystiques, donnant un côté exotique à l'histoire. Mais même cet exotisme n'apporte rien à ce récit. En effet, l'exotisme est trop cliché, c'est vraiment le truc fait pour le touriste occidental, trop superficiel qu'on voit dans tous les films occidentaux faisant intervenir un soupçon de magie orientale. Quant à l'Inde, elle ne constitue qu'un décor superficiel, un décor en carton mais jamais on ne ressent particulièrement une ambiance indienne. On se sent bien plus proche d'un récit à l'occidental.
L'histoire est donc assez prévisible vu qu'elle reprend les débuts de Spider-man. La touche exotique qu'auraient pu apporter les auteurs est également ratée. Reste alors les dessins, qui sont potables mais rien d'extraordinaires. La coloration est très moderne, faite par ordinateur, les planches sont donc joliment colorées, avec des effets de feu ou de magie plutôt réussies. Niveau design des personnages, l'apparition d'Octopus est très surprenante, on le voit avec des cornes, un véritable démon (enfin le design du personnage est plutôt drôle ^^;). Quant à Spider-man, le costume adopte un côté indien, se terminant comme un sari, et les chaussures sont remplacées par des babouches.
Le récit reste prévisible mais très correct. On ne s'ennuie pas particulièrement dans ce numéro et l'action est présente. Les planches sont également très correctes, dans la moyenne élevée techniquement mais rien ne s'en dégage. L'histoire se déroulant en Inde, par des auteurs indiens, j'aurais préféré une ambiance plus indienne que celle qu'on lit d'habitude dans Spider-man. On change de place mais on n'y gagne rien. Ce comics est peut-être plus destiné à l'Inde, par ce côté si occidental, ou bien la commande de Marvel était sévère et exigeait une histoire plus américaine qu'indienne car le côté exotique a vraiment un air de "vu par un réalisateur américain"... Bref, pas original, pas extraordinaire, un brin creux mais divertissant. Malheureusement, ça ne suffit pas, et dans ce cas, autant lire un Spider-man normal puisque l'histoire sera au moins inédite.
Merci à Génie