Le Sommet des Dieux

Le 8 Juin 1924, Georges Mallory et Andrew Irvine sont les premiers alpinistes à tenter l'ascension de l'Everest mais ils ont disparu pendant la montée et personne ne sait si ils sont parvenus à leur but. Ainsi sont ils entrés dans l'histoire de l'alpinisme.
De nos jours, le journaliste japonais Fukamachi met la main sur un appareil photo lors d'une expédition au Népal. Fukamachi est persuadé qu'il s'agit de l'appareil que Mallory avait sur lui le 8 juin 1924. En faisant des recherches sur l'objet, Fukamachi fait la rencontre de Habû Jôji, légende de l'alpinisme japonais.
De retour au Japon, Fukamachi s'intéresse à Habu Jôji et découvre que la carrière de celui-ci est étroitement liée à celle de Hase Tsuneo.
Avis : 
Le Sommet des Dieux est l'adaptation d'un roman écrit par Yumemakura Baku. L'auteur disait ne voir personne d'autre que Jiro Taniguchi pour faire l'adaptation de son roman en manga. Avec le succès de titres comme Quartier Lointain et Le Journal de mon Père, Kana édite Le Sommet des Dieux en 5 volumes. J'ai connu Jiro Taniguchi avec Quartier Lointain que j'avais trouvé superbe, aussi je ne connaissais que le style zen et vie quotidienne de Jiro Taniguchi, même s'il a touché à tous les genres au Japon. Le Sommet des Dieux est un manga sur l'alpinisme qui propose aussi une véritable intrigue.
J'ai lu deux volumes de la série jusqu'à présent. La taille d'un volume est impressionnante et j'avoue que j'avais du mal à m'y mettre au début. Mais dés qu'on commence, on ne s'arrête plus. L'intrigue est vraiment prenante et apporte son lot de suspens. L'histoire est vraiment bien construite et la narration alterne présent et scènes d'alpinisme avec brio. On est vraiment curieux de savoir ce qui va se passer par la suite pour Fukamachi et Habû Jôji. On peut lire Le Sommet des Dieux tout en n'étant pas passionné d'alpinisme. Vraiment accrocheur et passionnant.
Le sommet des Dieux est un véritable monument du manga. Surtout pour les dessins à vrai dire car le défi était vraiment de taille et la plume de Taniguchi excelle dans le dessin des montagnes dont il a vraiment réussi à nous transmettre la grandeur. Elles dominent les planches ainsi que le lecteur, on se sent vraiment tout petit face aux montagnes de Taniguchi qui sont pourtant sur une simple feuille de papier. Des planches de toute beauté... Quant aux personnages, ils ont toujours une apparence réaliste comme dans Quartier Lointain avec une plume un peu plus dure pour souligner le côté solide des alpinistes (dans Quartier Lointain par exemple, on ressent le trait doux de la mélancolie).
Malgré toutes ses qualités techniques et scénaristiques, Le Sommet des Dieux reste un divertissement, un divertissement de haut niveau bien sûr. Ce titre est donc très différent d'un Quartier Lointain ou d'un Le Journal de mon Père qui marquent les coeurs par la poésie ou la sensibilité qui s'en dégagent, ou encore d'un Au Temps de Botchan qui est avant tout instructif.
Tout est dit. Le Sommet des Dieux est un titre d'excellente qualité comme souvent avec Jiro Taniguchi. Néanmoins, j'avoue porter plus d'affection à ses histoires sur le quotidien d'une famille japonaise. Le Sommet des Dieux est un manga passionnant à l'intrigue très bien ficelée que je recommande à tous. Et si en plus vous aimez l'alpinisme, vous serez aux anges.