Cages

Leo Sabarsky est un peintre en manque d'inspiration. Il décide de s'installer dans un nouvel appartement. Son voisin n'est autre que Jonathan Rush, un romancier qui a écrit le livre très choquant Cages et doit se cacher du public car son livre provoque des émeutes dans la rue. Avec sa femme, ils n'ont plus aucune liberté et sont tout le temps surveillés. Dans l'immeuble habitent également l'Ange, un musicien de génie ainsi qu'une concierge au sale caractère et une vieille femme dont le mari a disparu depuis cinq ans passe sa journée à discuter avec son perroquet. Se trouve aussi dans le quartier un chat noir mystérieux.
Avis : 
Comme Neil Gaiman avec qui il a souvent collaboré, Dave McKean est Anglais. J'ai connu Dave McKean avec Sandman de Neil Gaiman puisqu'il fait toutes les couvertures de la série. Dave McKean mêle la photographie, la peinture et le dessin pour ses planches, comme en témoigne La Comédie tragique ou la Tragédie comique de Mr Punch, avec Neil Gaiman au scénario. Cages est le premier comics où il s'occupe aussi bien du scénario que du graphisme. Cages est un pavé de 498 pages, considéré comme le chef d'oeuvre de l'auteur.
Cages, c'est irracontable. Il s'agit effectivement d'un véritable chef d'oeuvre mais il est tellement expérimental qu'il faut le lire car indéfinissable. Dans Cages, il n'y a quasiment pas d'intrigue, juste des petites scènes de la vie du quartier où habite Leo Sabarsky.
Les planches sont plutôt "classiques" (comprenez beaucoup de dessins, moins de photos), avec quelques pages composées de photos. Les dessins comportent trois couleurs: blanc, noir et gris-bleu, ce qui confère une atmosphère assez confinée et sombre tout au long de Cages. Le découpage est régulier: neuf cases par pages, réparties également, une régularité renforçant ce sentiment d'être enfermé dans une... cage ou encore une certaine monotonie. Cela se voit d'ailleurs par les personnages au regard fade et sans vie voire paumés que l'on rencontre dans le comics. On y retrouve également de la peinture (lorsque quelqu'un regarde par la fenêtre) ou encore du crayonné et bien sûr de la photo (pendant quelques pages). Visuellement impressionnant et surtout original.
Malgré le découpage volontairement peu vivant, les personnages sans vie, la quasi-absence d'intrigue, le nombre de pages très élevé, Cages accroche directement le lecteur. Sans doute l'univers intrigant, le découpage, les couleurs tristes (et peu nombreuses) jouent dessus, rendant ce comics unique et très original. Une véritable expérience, Cages se vit mais ne se raconte pas.