Out of time

Matt Whitlock (Denzel Washington) est le chef de la police de Banyan Key, une petite ville tranquille de Floride. Récemment, Whitlock a saisi 485 000 dollars en ayant mis la main sur un trafic de drogue. Whitlock est donc un homme respecté mais si sa carrière se porte bien, il n'en est pas le cas pour son mariage: sa femme et subordonnée Alex (Eva Mendes) demande le divorce. Bien qu'il l'aime toujours, Matt a une liaison avec Ann (Sanaa Lathan), femme en détresse mariée à Chris (Dean Cain), un ancien footballeur violent.
Ann souffre d'un cancer et apprend qu'elle n'a plus que six mois à vivre. Elle fait donc de Matt le bénéficiaire de son assurance vie d'un montant très élevé (genre le million) à la place de son (salaud de) mari. Il y a cependant un espoir en Suisse au coût très honéreux et aux résultats minimes mais Ann ne peut se le permettre. Prêt à tout pour l'aider, Matt dérobe l'argent saisi du coffre et lui donne rendez-vous un soir pour qu'elle parte.
Seulement, quand il arrive chez Chris et Ann, il apprend que le couple est décédé dans un incendie d'origine criminelle. Une enquête s'ouvre et met Whitlock en panique: le vol d'argent, l'incendie, tout est là pour l'accuser. Et puis, il ne veut surtout pas qu'Alex découvre sa liaison. Avec l'aide de Chea (John Billingsley), Whitlock a peu de temps pour se disculper.
(Il s'agit en fait d'un coup monté. Le médecin ayant déclaré le cancer était un faux. Lorsque Whitlock le retrouve dans un hotel, l'homme est tué par accident lors d'un échange de coups de poings. Whitlock finit par retrouver la trace de Ann et Chris dans une cabane au milieu de nulle part, le coup étant monté par ces derniers et le faux médecin afin de recevoir l'argent de la drogue. Ann tue son mari et veut se débarasser de Whitlock mais heureusement, sa femme tire sur elle avant. Comme on s'en doute sous le soleil de Hollywood, Whitlock et sa femme s'aimaient encore et ils se remettent ensemble. Whitlock ne prend finalement pas l'assurance vie et la déchire, alors que des millions de dollars étaient disponibles. Ca aussi, c'est Hollywood.)
Avis : 
Out of time est un film policier réalisé par Carl Franklin en 2002. Véritable flop lors de sa sortie en salles aux Etats-Unis, Out of time connaît le même destin en France en 2004. Out of time marque la deuxième collaboration entre Denzel Washington et Eva Mendes après Training Day. On a pu voir cette dernière aux côtés de Will Smith dans Hitch. Notons aussi la présence d'un certain Dean Cain au casting, celui que les amateurs de la série Lois et Clark: les nouvelles aventures de Superman connaissent sous les traits de Clark Kent. Enfin, pour les amateurs de séries TV récentes, on trouve John Billingsley et Sanaa Lathan. Out of time est un film que je n'aurais sans doute jamais remarqué sans mon frère, mais ayant vu les affiches françaises avec le visage de Denzel puis deux meufs sexy sur le côté, j'étais tout de suite moins tentée. C'est lors de son passage dimanche 17 septembre sur ProSieben que j'ai finalement vu Out of time, vu qu'un film n'est jamais de refus quand on s'ennuie, et encore moins quand Denzel se trouve dedans :p.
L'originalité de Out of time réside avant tout dans son début. En effet, Out of time démarre lentement, très lentement, soulignant l'aspect vacances du film. Ainsi, le spectateur pourra voir Denzel au service d'une femme mariée en détresse affective, maltraitée par un époux violent. Début qui installe une ambiance tranquille, dans une petite ville calme de Floride où il ne se passe pas grand chose (quoique Denzel a quand même mis la main sur un trafic de drogue, faisant de lui un héros local) et où Denzel ne fait que patrouiller quand il n'est pas dans la chambre à coucher de madame. Et pour compliquer les intrigues de coeurs, Denzel est en procédure de divorce avec une sublime créature, Eva Mendes, qui bosse avec lui. Bien entendu, nous sommes à Hollywood donc le couple marié s'aime encore. Chemisette, bermuda, palmier, lunettes de soleil, canicule, débardeurs, voici ce que réserve Out of time, trente minutes sous un rythme bien lancinant où certains trouveront le film soporifique.
Et puis surprise. Car d'un coup, le film prend un tournant inattendu. Enfin "inattendu" car personnellement, c'était grillé (ou plutôt calciné :p) que c'était le calme avant la tempête. D'un coup, donc, le film fait un virage à 180° et voilà pourquoi certains ont été agréablement surpris: après s'être ennuyé, on découvre que Out of time comporte bel et bien une intrigue policière! Oui, au moment où on a oublié que Denzel n'était pas dans la peau d'un gigolo pour femmes mariées en détresse, le voilà qui reprend son insigne de flic pour une enquête. Et il faut bien le reconnaître, voilà un film bel et bien bateau. Quelques idées ici et là parsèment le film mais c'est tellement convenu que l'on découvre quand même bien vite le pot aux roses (pourquoi pas celui des camélias, soyons fous :p).
On suit donc l'enquête sans véritable surprise: on découvre l'événement, on cherche les indices, on fout quelque coups de poings et la révélation finale tombe. Passé la tension de Denzel, le film devient légèrement mou. La scène finale est également décevante. Comme par hasard, le soleil de plomb qu'on a eu durant tout le film n'est plus et les révélations pleuvent à l'unisson avec la pluie tropicale le soir, bien entendu, dans une cabane assez pourrie et un peu glauque, au milieu de nulle part, sans oublier l'orage! Non, ce n'est pas cliché. Et les révélations en elle-même ne surprennent pas car comme je l'ai dit plus haut, on s'en doutait. De même, on sait déjà qui va mourir, qui va vivre et surtout qui va tirer (je parlais de flingues hein xD).
Malgré le scénario légèrement faible, malgré un démarrage lent (qui a réussi soit à endormir soit à faire passer le film pour quelque chose de génial, malin comme démarche), Out of time propose quelques petites choses qui font de lui un film bien sympathique. L'ambiance tropicale est bel et bien présente, on se croit effectivement en Floride en regardant le film. Le dépaysement est donc assuré grâce aux chemisettes, aux paysages mais surtout grâce à une photographie sombre et chaleureuse à la fois: un soleil de plomb pèse sur les acteurs. Le petit plus majeur de ce film se situe dans son ambiance musicale, en particulier durant les moments de stress. Dans un film policier lambda avec compte à rebours, on aurait eu une musique stressante pour refléter l'état d'âme de notre Denzel. Ici, des percussions latino font non seulement ressentir la tension mais donnent du plaisir aux oreilles, emmenant le spectateur en voyage. Et puis, on ressent d'autant plus le stress car ce n'est pas la musique bateau qui nous dit "eh, les gars, stressez pour lui maintenant".
On retiendra certains moments plutôt drôles dans ce film. Pas le comique de service, incarné par le personnage de Chea, avec un humour made in Hollywood tellement habituel qu'on ne rit plus, on le voit dans tous les films. Je parle de certaines situations comiques et stressantes tel l'effaçage de preuves continuel par Denzel qui a peur que les indices mènent à lui (le moment du faxe, stress garanti xD ou encore le témoin, moment bien marrant aussi où Denzel invente mensonges sur mensonges) ou encore celui où Denzel est harcelé par le FBI pour le fric de la drogue ("die Verbindung ist schlecht", dit-il en écrasant son GSM). La scène du début chez la maîtresse de Denzel n'est pas mal non plus, le truc du fantasme de la femme et le flic :p. Le couple est un élément central du film, Denzel s'est mis en danger pour une femme et c'est une femme qui va devoir l'aider à en sortir, en l'occurrence sa femme. C'est un peu le schéma rêvé des couples divorcés qui veulent se remettre ensemble car à Hollywood, les couples mariés une fois s'aiment toujours :p.
Au niveau des acteurs, je n'ai rien trouvé de très excitant. Denzel Washington est bon mais on voit bien qu'il est en mode "vacances", c'est un film sans prétention alors il reste bon, mais il peut mieux faire. Denzel reste cool, quoi (pas comme son personnage). Eva Mendes est une actrice qui me paraît assez transparante, ce fut un peu le cas dans Hitch et c'est la même ici à côté de Denzel. Quant à Dean Cain, c'est étonnant de le voir en (vous m'excuserez le mot qui suit) salaud de la pire espèce après l'avoir vu des années en Clark Kent, on ne veut pas y croire! En plus, il est mal rasé! Ca change son image, on le voit peu mais j'aime les scènes où il apparaît en duel avec Denzel (autour d'une bière, non pas de la Warsteiner :p). Toujours est-il que le coup dur n'est pas aussi fort que Michael T. Weiss, notre gentil Jarod du Caméléon qui se transforme en un connard de ripou dans Bones (lol le film où Snoop Dogg est un vampire :p). Quant à John Billingsley, c'est un personnage un peu collant et gaffeur que je trouve sans plus. De même pour Sanaa Lathan.
Out of time est un film policier distrayant malgré son manque de punch. Très classique dans sa construction, il arrive tout de même à tirer une certaine originalité grâce à son cadre exotique bien mis en valeur (photo et musique) et son début long à double tranchant: une réussite pour certains, un truc soporifique pour d'autre. Reste que Out of time se regarde très bien un dimanche soir et surtout, on est bien content quand des sous-titres pour malentendants sont disponibles grâce au télétexte, ce qui m'a permis de comprendre tout le film même si c'était en allemand. Et puis, l'affiche française était finalement trompeuse: j'ai vraiment cru à un film vulgaire avec des nanas à gros seins. [NB: cette note aurait dû paraître après La guerre des casinos.]