Les Choristes

Publié le par a-yin

1948. Clément Mathieu (Gérard Jugnot) est un professeur de musique au chômage et accepte donc d'aller travailler en tant que surveillant au pensionnant "Le fond de l'étang". Situé en pleine campagne, le pensionnat est un lieu hostile à l'image de son directeur, le cruel Rachin (François Berléand) qui règne d'une main de fer sur ses élèves (punitions à gogo et châtiments corporels). Clément n'adopte pas le même point de vue que Rachin et gagne très vite la confiance de ses élèves turbulents en leur apportant affection et humanité, chose qui manque cruellement dans l'établissement. Le petit Pépinot, orphelin du pensionnat, voit en ce gentil surveillant un père de substitution. En montant une chorale, Clément parvient à se rapprocher de l'élément perturbateur de la classe, un certain Mohrange (Jean-Baptiste Maunier) doté d'une voix magnifique.

Avis :

Réalisé par Christophe Barratier, Les Choristes fut le grand succès français de l'année 2004 à tel point qu'on n'entendait plus parler que de ce film, devenu un véritable phénomène de société. Même en n'étant clairement pas fan de cinéma français, je n'ai pas pu y échapper. Voulant découvrir quel mystère se cache derrière Les Choristes, j'ai (avec mon père qui était aussi intrigué) donc regardé le film lorsqu'il est passé un mardi soir sur France 2. C'est étonnant, le film passe deux ans après sa sortie en salles mais pourquoi si vite? Sûrement du fait que tout le monde l'a déjà plus ou moins vu ou reçu en DVD à Noel.

Les Choristes est un film fort sympathique à regarder avec toute la famille. C'est sûrement là que se cache le succès de ce film: la famille! Car Les Choristes s'adresse à tout le monde, que ce soit le grand-père et ses jours heureux lors de cette époque d'après-guerre ou les parents qui se rappelleront leur enfance, les adolescents qui seront touchés par le charme que dégage le film ou encore les enfants qui pourront voir d'autres enfants. Bref, Les Choristes est un film familial par excellence. Autre chose qui fait son succès, c'est cette volonté du retour au bon vieux temps, cette nostalgie ambiante que traverse la France, vu que tout ne va pas si bien. Et Les Choristes réussit donc sa mission, en emmenant le spectateur dans un pensionnat en pleine campagne, au milieu de nulle part.

Pour ne rien gâcher, le casting est plutôt bien fichu. La musique emballe les plus sensibles des spectateurs et il faut l'avouer, c'est mélodieux. Quant aux chansons, elles sont bien interprétées et amèneront les parents au temps où eux aussi, chantaient à l'école. En tant que film qui plaît à tout le monde, Les Choristes se révèle donc le plus manichéen et stéréotypé possible. On retrouve avec Gérard Jugnot le professeur gentil et complice qui essaie de transmettre un peu d'humanité et de chaleur à ses élèves loin de leur famille. Notons qu'il est très à l'aise avec les enfants, comme dans Monsieur Batignole. Avec François Berléand qui interprète l'ignoble Rachin, on aura le méchant idéal, véritable tyran du pensionnat, méchant jusqu'au bout sans once d'humanité. Et puis, il y a bien sûr les enfants, le petit Pépinot attendrissant et mignon puis notre gueule d'ange voix d'or Morhange qui agit de la sorte par manque d'affection ("le pauvre chou"). Ce dernier a la tête de l'emploi pour les films de cette époque puisqu'on le retrouvera dans l'adaptation du roman Le grand Meaulnes.

On n'évite pas les clichés avec Les Choristes. Sorte de Cercle des poètes disparus à la Française, il suffit donc de la venue d'un homme, Gérard Jugnot, pour changer l'ambiance du pensionnat, amenant donc les rires et la joie à des enfants vivant au début sous la tyrannie du proviseur. Il leur offre aussi un moyen de s'exprimer: la musique. Bref, c'est au début celui dont tout le monde se moque et qui finit par être adulé par les enfants (et qui donc se fait renvoyer). Et puis, comme dans tout bon film, il y a plus ou moins une romance qui s'installe entre Jugnot et la mère du petit Mohrange, avec ce côté vieille France pour rappeler la jeunesse des grands-parents, le temps des amours (et la scène où Jugnot se retrouve seul avec sa limonade fera penser aux déceptions amoureuses passées... mais cette scène bon sang je la trouve... risible xD).

Ces clichés accumulés fatiguent. Tout est donc déjà-vu jusqu'aux enfants. L'ambiance nostalgique et pensionnat est bien rendue mais c'est aussi déjà fait. Rien d'original dans Les Choristes, tout étant déjà sûrement réfléchi pour en faire un carton, tant il est fait pour tous les membres de la famille. Les clichés peuvent encore s'accepter en se laissant bercer par le spectacle mais le grand défaut du film vient de sa mièvrerie ambiante. Tout est là pour tirer les larmes du spectateur: la nostalgie, la fin (avec Jugnot obligé de quitter l'établissement et les adieux des enfants), la musique (jolie mais à force de l'entendre à répétition on est lassé faute au tapage médiatique). En même temps, je ne suis pas surprise car je m'attendais à un tel film gentil. Je salue tout de même Gérard Jugnot pour son personnage très touchant et humain.

Les Choristes est un film qui se regarde agréablement à condition d'accepter tous les clichés qui vont avec. Bien réalisé, bon casting, belle ambiance et musiques mélodieuses sont au rendez-vous. Mais ce qu'on ne peut pas enlever aux Choristes, c'est bien sa mièvrerie trop présente, tirant trop sur la corde émotionnelle. Cependant, cette mièvrerie et ces clichés ne m'ont pas autant déçue que dans Monsieur Batignole, du fait que Les Choristes se pose d'emblée comme un film gentil alors que Monsieur Batignole commence de manière plutôt intelligente pour finir de cette manière. Ainsi, son succès en salle est largement compréhensible vu qu'il est fait pour plaire au plus grand nombre des spectateurs. Après, le tapage médiatique était bien lourd et tapait (comme tout tapage xD) sur le système. [NB: Cette note aurait dû paraître après Instinct.]

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Publié dans Cinéma

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S
Ah ouais la vocation artistique du réalisateur -_- mmmm on partage pas les mêmes avis lui et moi lolAh mais pour l'import ce film était top. D'ailleurs Beyonce avait chanté la chanson titre (en anglais) pour la cérémonie des oscars, c'est dire ! ^^;Oui voilà tu vois bien que l'éducation montrée dans ce film a des limites mais bcp de spectateurs non et du coup leurs avis étaient vraiment caricaturaux ("ah le bon vieux temps"...). Oui Jugnot c'est tendresse et humanité mais rigueur aussi. Dans le Cercle... Robin Williams c'était plus fou comme cours lol.Enfin bref ce film était trop gentil pour moi ;p
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A
Aaaaaaah mais j'ai jamais dit le contraire: c'est mega mille fois super hyper giga ultra tera (bon on continue ds quelles puissances de 10 je suis perdue O_O) gentillet!!!! LOL Robin Williams en plus il est pas chauve :p (bon attaque bête et méchante). Beyonce!!!! Putain encore ELLE ELLE ELLE GRRRRRRR. Jugnot rigueur sûrement mais ca faisait partie de l'époque... mais bon Michelle Pfeifer aussi quand même et puis elle était bien plus mignonne avec ses jeans moulants (bon OK je ->>>).
A
Oui c'est La cage aux rossignols je crois :o. Pour les problèmes de créativité des Francais je ne sais pas. Je ne connais aps assez le cine francais pour ca et je suis tellement désintéressée dans ce domaine lol. Tu sais on ne fait pas un film pour l'intérêt artistique lol et pour faire les entrées Les Choristes a marché du tonnerre :p. Ah dans l'importation à l'étranger aussi il a l'air d'avoir marché je pense que d'autres pays veulent voir ce genre de "France traditionnelle". Apparemment le réalisateur voulait faire SON Cage aux rossignols et son truc c'était de faire un film avec de jolies musiques... voilà la vocation artistique xD.Alors pour l'éducation je trouve pas vraiment que ca fait envie. Les autres profs à part Jugnot sont rigides mais on voit que ca rend pas tlm heureux. Et puis, y'a cette espèce de "racaille" qui ne trouve tout de même pas une voie correcte, cette forme d'éducation a des limites comme l'éducation de nos jours. Des profs comme Jugnot y'en a dans tous les films rien que Esprits rebelles (Gangsta's paradise powaaa :p la bonne époque lol) ou même Le Cercle des poètes disparus (je crois que ce qui a plu dans ce film c'est cette ambiance particulière de pensionnat à l'allure anglaise xD avec uniformes et tout ça). Y'a que Jugnot qui arrive à insuffler une vocation et ca c'est pas par une éducation rigide mais par de la tendresse et de l'humanité. Enfin la scène de la limonade me fait encore sourire quand j'y pense seule xD.Quant à la galère on a aussi tendance à voir ce qui est meilleur que nous aussi quand on y est ;) c'est pour ca qu'on pense pas au "pire que nous".
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S
Oui c'est vrai que la tv française joue bcp sur la nostalgie... Bon faut dire qu'au niveau patrimoine culturel (film, chansons), la France est gâtée, mais je ne  comprends pas pourquoi on passe sans cesse tous ces vieux films (qui sont de bonne qualité)... Résultat à force, à l'étranger, le ciné français c'est toujours la Nouvelle Vague et Truffaut ! Un peu vieux comme références...Tu vois je ne vois aucun intérêt artistique à faire un film comme les choristes, c'était un pur vieux film dans l'esprit, dans la réalisation... On n'a rien apporté de moderne. Pourquoi faire un film qu'on faisait déjà il y a 50 ans (car c un remake si je me souviens bien) et de la même manière ? (ah si y'a un truc de moderne : la couleur...)Les US abusent des remakes car ils ont de gros pb de créativité depuis un bon moment mais les français normalemt n'ont pas de pb de ce point de vue là. Donc à part surfer sur la vague nostalgique et du "oh lala rien ne va aujourd'hui en France, avant c'était nettemnt mieux, à cette époque, on n'avait pas les pbs qu'on a maintenant !" je vois pas...C'est pas le sort des enfants qui fait envie, c'est le fait que le film représente une ancienne forme d'éducation : toute rigide où l'autorité était reine, où les profs savaient susciter des vocations et étaient respectés... Ben aujourd'hui encore y'a des profs comme ça! Après oui je comprends que quand toi tu galères, tu penses pas à ce qui se passe ailleurs :) c'est normal, je crois qu'on est tous comme ça...
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A
Oui on pleure beaucoup en France. Mais la nostalgie est aussi hyper francaise. Rien qu'à la TV il suffit de l'allumer y'a toujours 1000 émissions soit sur Claude François soit des vieux tubes. En Allemagne y'a des émissions de variet' mais c'est pas toujours QUE des vieux trucs. A la TV en été tu reverras toujours le gendarme et plein de vieux films bien francais... dans d'autes pays la TV reste normale. Franchement je trouve que oui la nostalgie est hyper francaise O_o on n'arrête pas de parler du "bon vieux temps" qui n'existe plus. Pour moi, ce n'est pas parce qu'on fait un film embellissant le passé qu'on voit forcément l'avenir d'un oeil pessimiste. J'aime beaucoup les oeuvres nostalgiques mais c'est pas aussi pour ca que je hais le futur ni le présent. Et puis je ne vois pas non plus ce qu'il y a de réjouissant au sort de ces enfants quand on y repense bien :s... OK y'a pire ailleurs mais c'est aussi un trait connu le Francais est nombriliste ;). Bah avouons quand même que quand tu trouves pas de boulot et tout ca c'est pas a la situation economique des autres pays que tu penses non plus xD
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S
Haha le Cercle des poètes... J'ai pas aimé non plus XD trop de bons sentiments là aussi...Mais même au niveau purement cinématographique, j'ai trouvé ça plat, sans caractère, personnalité dans la réalisation, un des persos principaux vraiment énervant dans son jeu (le gosse)... Les 30 1eres minutes furent vraiment pénibles pour moi tant on y accumulait les clichés et tant tous les événements, caractère des persos étaient prévisibles et anticipables !Pour le pessimisme du film, je trouve que c'est sous entendu : décider de faire un film louant autant le passé veut dire que forcément on n'est pas satisfait du présent...Après je sais pas si la nostalgie est typiquement française, je pense pas... Par contre l'autoflagelation et le pessisme oui ^^;; (désolée....).Mais quand on y pense est-ce que y'a vraiment des raisons pour être aussi pessimistes ? Y'a des situations bien pires ailleurs ! La France a un énorme potentiel et le gâche à petit feu... Et au lieu de réagir, de tenter de nouvelles choses, évoluer, on pleure, on reste sur ses acquis, on a peur des autres, de l'étranger, bref...
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