Ce que veulent les femmes

Titre original: What women want
Nick Marshall (Mel Gibson) est un macho de la pire espèce à qui tout réussit. Travaillant dans la publicité, il est très respecté dans le milieu jusqu'au jour où son patron embauche une certaine Darcy McGuire (Helen Hunt)... qui occupe en plus le post auquel il pensait être promu! Coup dur pour Nick qui n'a toujours pas compris qu'hommes et femmes s'affrontent désormais dans la même cour.
Un soir, après un verre de trop, Nick s'amuse avec les échantillons de produits féminins distribués par Darcy dans la journée. Après un coup de jus, il lui arrive quelque chose d'incroyable: il arrive à entendre les pensées les plus intimes de toutes les femmes! Ainsi, il se sert de ce pouvoir afin de saboter le travail de sa collègue mais tout se complique lorsque les sentiments entrent en jeu.
Avis : 
Réalisé par Nancy Meyers, Ce que veulent les femmes a fait beaucoup de bruit lors de sa sortie en salles en 2001. Je me souviens que les rares filles de l'école voulaient toutes le voir au cinéma. En ce qui me concerne, rien que l'affiche était pour moi une raison de fuir ce film (je la trouve vraiment HORRIBLE). En plus, il y avait cet effet de publicité à répétition et ce bouche à oreille incessant qui ont tout fait pour que je n'aille pas le voir. Aujourd'hui, je pense que le bruit était surtout dû à un Mel Gibson dans sa première comédie romantique. Depuis, j'ai vu Ce que veulent les femmes plusieurs fois à la télévision et je l'ai même revu cette année un dimanche soir sur TF1, les autres chaînes ne proposant rien d'autre.
Je n'ai jamais aimé ce film. Et pourtant, je l'ai vu plusieurs fois. En fait, j'aime beaucoup l'idée de départ, à savoir un homme qui peut lire toutes les pensées intimes des femmes. On a donc droit à des situations plus que cocasses lors de la première demi-heure, le tout reste caricatural mais suffisamment drôle (les pensées des femmes sont clairement futiles O_O). Le début est donc réussi et les acteurs ne sont pas en reste. Mel Gibson et Helen Hunt, s'ils ne sont pas du tout assortis sur l'affiche, le sont à l'écran. D'ailleurs, je trouve Helen Hunt très bien dans ce film, même si je ne supporte toujours pas sa voix française.
Seulement, tout est gâché par une romance finalement hyper classique avec nos deux tourtereaux qui sont riches mais seuls. Et oui, ils sont malheureux eux qui sont beaux, intelligents, brillants dans leur vie professionnelle (donnez-moi ne serait-ce qu'une caractéristique dans ce cas xD surtout l'appartement superbe de Nick...). La romance est en effet très romantique, cela a beaucoup plu aux filles de l'école mais à moi pas du tout. Je ne suis sans doute pas très réceptive à la beauté du sentiment amoureux... Et puis surtout, il faut m'épargner la phrase que Helen Hunt lance à Mel Gibson sur le chevalier (ou le prince) en détresse O_o vers la fin du film (quand elle lui court après et qu'elle se jette dans ses bras).
Autre cliché inévitable, celui des relations entre père et fille. Car voilà, la fille de Nick est une adolescente et comme beaucoup d'adolescentes, elle pense que son père est un connard, surtout qu'il est divorcé de sa mère avec qui elle vit (quand elle n'est pas en train de se remarier). Bref, relations difficiles mais Nick aime sa fille et sait que (leitmotiv du film) tous les hommes sont des connards, de véritables queues (hormones pour faire plus joli) sur pattes. Nick doit donc empêcher, (cliché) sa fille de donner sa virginité à son petit copain (connard) Cameron. On n'échappe donc pas à la fameuse scène du bal de fin d'année, un des moments les plus importants (semble-t-il) dans la vie de tout adolescent américain qui se respecte. Mais le pire reste pour moi cette scène dans les cabines d'essayage avec Christina Aguilera en fond musicale...
Le changement de personnalité chez Nick est trop soudain. Comme par hasard, il suffit de peu pour que Nick le connard finisse par se transformer en ami des femmes, allant jusqu'à déjeuner avec elles en reniant sa nature d'homme "Les hommes sont tous des connards et j'ai été trop con pour m'en rendre compte". Bref, la métamorphose est trop facile, et Nick devient vraiment trop gentil, presqu'une bonne soeur (il lui reste plus qu'à trouver un couvent). Pour moi, il ne lui reste plus qu'à se castrer s'il déteste tant ce qu'il a entre les jambes. Bien entendu, il se rendra compte combien il a été mauvais père, mauvais collègue, mauvais petit ami et... un véritable salaud avec la femme qu'il aime, la fabuleuse, honnête, franche, intelligente, lumineuse et belle Darcy. Enfin, Nick devient une sorte de Superman, allant sauver une collègue en détresse ou plutôt en forte dépression, dépression qui va se guérir en un claquement de doigt (quel miracle).
Ce que veulent les femmes est une déception car il aligne tous les clichés. Les femmes sont futiles, les hommes sont des connards et notre héros devient un véritable enfant de choeur, arrivant à se réconcilier avec sa fille (ce n'est pas un spoiler, tout le monde s'en doutait). Ceci dit, je trouve tout de même le début très drôle et les acteurs sont plutôt bons. C'est quand même une réussite dans son genre, tant les comédies romantiques jetables pullulent dans le cinéma hollywoodien, avec des couples formés par des stars du moment (acteurs pas assortis et fades, alors qu'Helen Hunt et Mel Gibson c'est tout de suite plus classe). A voir pour son début, Mel Gibson en collants, ça vaut le déplacement. Et surtout, ne pas se dire que le film propose une quelconque réflexion sur la femme de notre siècle au risque d'être très déçu.