Copland

Titre original: Cop Land
Héros de la police de New-York, le jeune Murray Babitch (Michael Rapaport), surnommé Superboy, commet une bavure sous l'effet de l'alcool en abattant deux Afro-américains avec son arme à feu. Peu après, le jeune policier se suicide et le lieutenant Moe Tilden (Robert De Niro) est appelé pour enquêter sur cette sinistre affaire. Il se rend alors à Copland, ville-dortoir des flics de New-York dirigée par le vétéran Ray Dolan (Harvey Keitel), oncle de Superboy.
La petite ville est calme mais il y règne une sale odeur de corruption et Tilden cherche à en savoir plus en demandant l'aide du sheriff Freddy Heflin (Sylvester Stallone). Ce dernier, mou, sans ambition, a toujours voulu rejoindre les forces de police de New-York mais n'a jamais eu cette possibilité, étant devenu sourd suite à un sauvetage d'une femme noyée au volant de sa voiture. Pour ne rien arranger, cette femme qu'il aime vit avec un mari qui la bat, et il est entouré d'une communauté de flics dont il ne peut faire partie.
Freddy a toujours fermé les yeux sur les activités de Ray jusqu'au jour où Tilden lui propose de choisir entre l'aider à faire éclater la vérité ou bien laisser aller les choses et rester le pantin de Ray. De plus, Figgsy (Ray Liotta) lui demande de le cacher, celui-ci étant en danger de mort. Il a envie de quitter Copland mais Ray veut en finir avec lui.
Avis :

Réalisé en 1997, Copland n'est que le deuxième film du réalisateur James Mangold qui réalisera plus tard le thriller Identity. Je me souviens de la sortie en salles de Copland qui a fait beaucoup de bruit pour son casting impressionnant mais surtout pour la participation d'une star sur le déclin: l'icône du film d'action musclé Sylvester Stallone. De plus, il joue aux côtés de grosses pointures telles que Robert De Niro, Harvey Keitel et Ray Liotta, dans un film ne comportant aucune scène d'action. J'ai toujours voulu voir ce film et l'occasion s'est présentée un dimanche soir sur TF1 juste après Rock.
Copland fut finalement une sacrée surprise. Après avoir été une grande fan de films d'action, je suis devenue une fan de polars, ce qui explique cette fâcheuse envie de voir Copland. Ce qui surprend dans Copland, ce sont avant tout les acteurs et particulièrement ce cher Sylvester Stallone. Tous les éloges que j'ai entendus sur son jeu dans Copland sont largement confirmés. On est loin du héros musclé qui ne réfléchit pas, Sylvester Stallone interprète ici le rôle d'un sheriff inutile, fatigué, sans ambition, raté, mou et qu'on prend pour un con. C'est le type même du mec qui est passé à côté de sa vie, voyant la femme qu'il aime en épouser un autre qui la bat régulièrement, et qui, pour courronner le tout, est flic, ce que lui ne sera jamais pour avoir commis le seul geste héroїque de sa vie en sauvant cette même femme. Sylvester Stallone a pris du bide pour se mettre dans la peau du personnage, désirant changer d'image aux yeux du public. Sylvester réussit à s'emparer de son personnage, jamais on n'aura vu un Sylvester Stallone aussi humain et touchant depuis Rocky. De plus, il n'est jamais éclipsé par ses pourtant prestigieux partenaires, j'avais peur qu'il ne tienne pas la comparaison face à des habitués du genre. L'histoire se focalise beaucoup sur la psychologie de son personnage, sur ses doutes et puis sa volonté de faire quelque chose d'utile.
Aux côtés d'un Sylvester Stallone décidément en forme dans son rôle de shériff fatigué, on retrouve Robert De Niro. Lui aussi aborde ici un rôle légèrement différent, c'est un flic bien, mais surtout un flic calme, qui enquête plus qu'il tire sur ce qui bouge. Robert De Niro a un look bien curieux, ringard par ses cheveux, sa moustache et puis ses vêtements. Sa première apparition m'a étonnée, il n'a rien du gars impressionnant qu'il incarne d'habitude. C'est juste dommage qu'on ne le voit pas assez dans le film. Harvey Keitel est lui aussi génial en parrain de cette mafia de flics, ce rôle de vieux loup lui va comme un gant. Il s'agit d'un acteur que je ne connais que très peu mais tout de même habitué au genre avec des films tels que Mean Streets et Taxi Driver de Martin Scorsese (et où on retrouve aussi Robert De Niro) ou encore Reservoir Dogs et Pulp Fiction (le personnage mémorable du nettoyeur) de Quentin Tarantino. Enfin, Ray Liotta est complètement à côté de ses pompes, un flic légèrement dingue et drogué (si j'en crois mes souvenirs), un rôle qui va bien avec cet acteur que je ne connais que dans Les Affranchis (encore de Martin Scorsese hahaha) où il était aussi en proie avec sa dope. On retrouve donc un Ray Liotta très à l'aise dans ce personnage angoissé.
Le grand mérite de Copland vient de l'interprétation des acteurs, et de tous ces noms sur une même affiche. Mais tout ceci serait vain si le film n'était pas aussi de qualité. Et dans le genre polar impliquant la corruption, James Mangold s'est décidément plus que bien débrouillé. L'histoire est franchement efficace et tient en haleine. Son seul défaut est sans doute de s'oublier vite, car j'avoue ne plus en avoir grand souvenir. Autre élément qui m'a énormément plue, c'est l'idée de cette ville de flics. Le spectateur est, comme le shériff, confiné dans une petite ville assez fermée et où l'ambiance pourrie règne. Cela sent la magouille à des kilomètres et par ce calme qui cache une tempête, par ces plans lents, ces gros plans sur les visages où des regards en disent long, James Mangold a réussi à donner à Copland une atmosphère lourde et noire. Le rythme de Copland est très lent (un peu comme un Clint Eastwood) et la photographie a un goût de vieux. La ville est profondément américaine par ses paysages, ses voitures et puis le bar où se rencontrent les flics. Une très belle réalisation pour ce Copland soutenue par des acteurs au top.
Entre Rock et Copland, j'ai pu voir en un dimanche deux films qui me tenaient à coeur depuis bien longtemps. Copland, sans être un chef-d'oeuvre et malgré un scénario qui s'oublie vite, reste pour moi un film excellent, un de mes grands coups de coeur de cette année 2006. Tout y est: la réalisation, l'ambiance, le rythme lent, la photographie et surtout les acteurs qui confèrent beaucoup d'humanité aux personnages. Un polar comme je les aime mais surtout, un Stallone étonnant qui montre qu'il n'est pas qu'une montagne de muscle. J'aimerais le revoir en version originale, mes souvenirs étant flous concernant l'histoire. [NB: cette note aurait dû paraître après Rock.]