Daredevil: Echo

Publié le par a-yin

Maya Lopez, alias Echo, est sourde mais a su utiliser son handicap à son avantage. Ainsi, elle a beaucoup observé les gestes et est capable de copier tout mouvement. Ainsi, elle est pianiste virtuose, peut lire sur les lèvres des gens, parvient à parler parfaitement et est championne de boxe. Et bien qu'on ait du mal à le croire, Maya est bel et bien sourde, elle n'entend rien, son univers est fait de silence.

Enfant, Maya perd son père et grandit sous la tutelle de Wilson Fisk. Ce dernier l'a manipulée, accusant Daredevil du meurtre de son père. Durant une période, elle a vécu une idylle avec Matt Murdock mais cette relation est devenue impossible lorsqu'elle a compris quelle était la véritable identité de Daredevil. Heureusement, elle apprend quel est le véritable coupable.

Maya quitte alors New York. D'ascendance indienne, elle se souvient qu'elle accompagnait souvent son père à la réserve où il s'entretenait avec le guérisseur et chef de la tribu. Maya demande d'effectuer une quête initiatique pour trouver un but dans la vie et espère aussi en apprendre plus sur son père.

Avis :

Daredevil: Echo reprend les épisodes 51 à 55 parus dans Daredevil (vol. 2). Pour le public français, cet album se situe entre Hardcore et Le roi de Hell's Kitchen chez 100% Marvel. Echo intervient donc comme une interlude en plein milieu du run Bendis/Maleev. Il ne s'agit pas du premier travail de David Mack sur Daredevil. Il a écrit le scénario de la saga Tranches de vide (Parts of Hole épisodes 9 à 15 de Daredevil (Vol. 2)) où il crée le personnage d'Echo et raconte sa rencontre avec Matt Murdock puis a illustré la saga Cauchemar (Wake up épisodes 16-19 de Daredevil (Vol. 2)) avec Bendis au scénario. David Mack affectionne particulièrement Echo et en profite donc pour narrer ce qui s'est passé après Tranches de vide dans cet ouvrage. Pour une fois, David Mack est seul, assurant le scénario comme le dessin. Cela devrait réjouir les fans de Kabuki, la série personnelle de David Mack. Enfin, il n'est pas du tout nécessaire d'avoir lu Daredevil ni Tranches de vide afin de suivre Echo.

Echo est un album Daredevil mais l'Homme sans peur n'y fait que deux apparitions (un peu comme dans Cauchemar). Ces cinq épisodes sont donc uniquement consacrés à Echo, ce personnage sourd mais redoutable. Et qui de mieux que David Mack pour décrire les sensations d'une personne sourde, dont l'univers n'est que silence? Ceux qui ont décidé de lire un comics mainstream avec castagnes et super héros devront quitter le navire tant ils seront déçus. Echo est un comics à la David Mack, donc pas de bastons, pas d'action et beaucoup d'introspection, de sensations et de ressenti. Ceux qui ont lu Kabuki sauront de quoi je parle et ne seront pas du tout dépaysés par cet album. Ceux qui ont lu Cauchemar devront quand même faire un effort pour entrer dans l'univers d'Echo. En effet, David Mack illustre Cauchemar mais les personnages s'expriment dans des bulles, alors que dans Echo, on a une narration totalement à la Mack, avec donc peu de paroles et beaucoup de voix off... surtout dans notre cas, vu qu'Echo se retrouve pratiquement seule. Les rares planches où Echo s'exprime avec des bulles peuvent se compter sur les doigts d'une main. Bref, David Mack, ce n'est pas facile à aborder, il faut entrer dans le monde du monsieur mais après ça, la lecture se fait naturellement.

Chez David Mack, les dessins jouent un rôle essentiel dans la narration, ils sont aussi importants que les bulles. On voit donc en plein décor des mots en long, en large, en travers, en diagonale, à l'envers, parfois en cercle. Il faut retourner l'ouvrage pour lire certaines pages. Il faut faire attention aux moindres petits détails car tout a son importance. Ainsi, dans Echo, on a des lettres de Scrabble, du langage des signes, du langage des signes indien, des dessins d'enfant et des phrases en plein décor. Certains trouvent David Mack illisible mais je dirais plutôt qu'il faut prendre son temps et s'ouvrir à sa narration si particulière. Et puis, Echo n'est qu'un avant-goût à Kabuki, il s'agit donc d'un David Mack déjà très abordable.

Le travail de David Mack est donc très visuel, que ce soit dans les mots ou simplement les illustrations. Le style de David Mack est loin des dessinateurs de comics, chacune de ses planches étant un tableau (et j'ai vu des originales O_o c'est encore plus impressionnant!). David Mack ne fait pas de dessins encrés, colorés etc... mais on a droit à de somptueuses peintures, du crayon, des dessins d'enfant (et des gribouillis), du découpage, du collage. Bref, c'est très artistique mais aussi très esthétique mais tout cela ne facilite pas la lecture. On admire chaque page de Echo dont les parodies de tableaux célèbres ou l'incrustration des mots en Scrabble. En regardant les planches et en lisant, on parvient plus ou moins à entrer dans l'univers silencieux d'Echo. Et puis, pour les fans de Wolverine, ils pourront voir leur personnage fétiche croqué par David Mack.

Un album très introspectif où Echo nous raconte toute sa vie depuis l'enfance (quelles planches quand elle est petite!). Grâce à cette longue introduction, on n'a pas besoin de lire Tranches de vide où Maya rencontre Matt. On n'a pas non plus besoin de connaître ne serait-ce qu'une aventure de Daredevil, on n'a même pas besoin de savoir qu'il est aveugle, il suffit juste de connaître son costume. Echo est donc un album totalement indépendant, il aurait pu être une mini-série. Rien n'est dans la continuité de Daredevil, Echo appartient à la vie d'Echo, pas à celle de Matt Murdock.

Il est difficile de décrire une oeuvre telle qu'Echo. Ce n'est pas le genre d'ouvrage qui se raconte, mais qui se lit, qui se vit et surtout, qui se ressent (puis ça excuse mon synopsis aussi...). David Mack nous a créé un album "modéré" dans son style, il ne va pas aussi loin que dans un Kabuki mais suffisamment pour un public qui a l'habitude de lire des comics mainstream. Pour moi, Echo constitue une excellente introduction aux non-initiés qui veulent découvrir Kabuki. Ceci dit, Echo est un album merveilleux, tant sur le plan graphique, narratif ou scénaristique, Echo n'est pas non plus le genre d'album "prise de tête", il s'agit aussi d'un très bon divertissement (à condition de faire un investissement personnel bien sûr) qui se lit d'une traite une fois qu'on entre dans le jeu. Le personnage d'Echo est vraiment intéressant et cela permet aussi à ses fans d'avoir une suite à Tranches de vide, Echo quittant la vie de Matt un peu brutalement. Finalement, Echo fut populaire puisqu'elle est entrée chez les Vengeurs. Malgré son prix élevé, je recommande chaudement la lecture d'Echo, l'édition en Marvel Graphic Novels embellissant le travail déjà somptueux de David Mack.

Merci à Kawata

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Publié dans Comics & BD

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K
Hoooooo purée , 1000 pardons je n'avais pas capté pour "tranche de vie" et "tranche de vide" (je pensais à une erreur de frappe de ta part Psychic , pardon pardon pardon ... )<br /> Effectivement "Echo" est vraiment axé sur la personnalité de Maya alors que "Tranche de vide" développe la relation entre Matt et Maya <br /> J'ai trouvé qu'il se dégageait d'Echo une forte "aura" de quête personnelle et shamanique , je pense que l'art de Mack y est pour beaucoup , j'ai rarement vu Wolverine comme cela d'ailleurs , ça c'est un truc que j'ai beaucoup aimé dans Echo , cette histoire avec les chiens ( http://greencakeprod.over-blog.com/article-2871440.html )
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A
J'ai aussi préféré Tranches de Vide (Tranche de Vide est le titre du recueil K :p) mais la démarche n'est pas la même :) là où on a un méchant et une intrigue, ici nous avons quelque chose d'introspectif.Après pour du Mack, Cauchemar n'égale visuellement pas Echo mais le scénario est bien au-dessus. En illustré par Mack, j'ai une grande préférence pour Cauchemar... peut-être parce que j'adore Bendis xD. Mais pareil, Cauchemar a un scénario très élaboré alors que dans Echo on explore le fond de ... Echo :)Ah la la... Tranches de vide et sa scène au ciné :) !!!!
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K
Je t'assure que tu ne seras pas déçu par l'ebcselble de Kabuki . Je te conseille de commencer par "Cercle de sang" qui à mon avis est le Kabiki qui est le pluis adapté pour faire connaissance avec le personage (puisque cercle de sang retrace les origines du personnage par rapport à ce qui est important : sa mère ) <br /> PS : je suis désolé pour mon orthographe pitoyable par moment , je zappe des mots et tout ... pardon
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P
merci pour les précisions, Kawat'. ^^  Cela me donne davantage envie de lire Kabuki pour enfin connaitre pleinement cet artiste.
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K
En fait ce n'est pas vraiment de l'innovation de part de Mack (ne le prend surtout pas mal car j'ai très bien compris que tu ne connaissais pas Kabuki) mais son travail sur Echo a beaucoup de similitude sur son boulot sur Kabuki (surtout sur "Singes" et  "A fleur de peau") <br /> (C'est "tranche de vide" et non "tranche de vie" ;)  , même si Mack donne une dimension très "tranche de vie"  au niveau intime à chaque perso qu'il touche de sa plume.<br /> Psychic , je te conseille vraiment toute ce qu'a pu faire David Mack sur Kabuki parce que cela est au dela du "super héros" et qu'avec le temps je pense pouvoir dire que tu aimeras cette lecture à sa juste valeur.
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