Batman: D'ombre et de lumière

Publié le par a-yin

 

Devenir chauve-souris Warren Ellis/Jim Lee
Batman avec Robin le jeune prodige John Byrne
Nez cassé Paul Pope
Bons baisers de Gotham city John Arcudi/Tony Salmons
Cache-cache Paul Levitz/Paul Rivoche
L'énigme Walter Simonson/John Paul Leon
Sans titre John Arcudi/John Buscema
Sans titre Brian Azzarello/Eduardo Risso
Couvre-feu Howard Chaykin/Jordi Bernet

L'ange gardien Allan Brennert/José Luis Garcia-Lopez
Snow Job Bob Kanigher/Kyle Baker
Bandit en noir et blanc Dave Gibbons
Monnaie de singe Harlan Ellison/Gene Ha
The bet Paul Dini/Ronnie del Carmen
Orage d'enfer Tom Peyer/Gene Colan et Tom Palmer
Peur nocturne Alan Grant/Enrique Breccia
Un instant dans la lumière Joe Kelly/Aron Wisenfeld
Grosse ville Dave Gibbons/Mike McMahon

Avis :

Batman: D'ombre et de lumière est un recueil en deux volumes regroupant dix-huit histoires courtes en noir et blanc du justicier de Gotham. Ainsi, on retrouve des invités divers, certains indépendants côtoyant de grands noms du comics, tous réunis afin de rendre hommage au Dark Knight. Les histoires sont aussi variées que les participants, aussi bien sur le fond que sur la forme. On retrouve aussi des époques différentes, certains auteurs feront un hommage à un Batman kitsch ou rétro, d'autres à un Batman sombre ou encore des histoires humoristiques.

La palme de l'originalité revient sûrement à Nez cassé de Paul Pope où Batman revient chez lui le nez cassé (bah tiens, ça ressemble au titre -__-). La douleur est telle qu'un rien le fait souffrir et surtout, il se sent humilié. Ainsi, il revêt son costume dans le but de se venger. Les dessins de Paul Pope ne sont pas esthétiquement beaux mais sont très atypiques. Cette histoire de nez est complètement décalée et casse la classe légendaire du chevalier noir, qui s'embarque dans une vengeance pour le moins ridicule, montrant que Bruce est avant tout humain. Et oui, Batman aussi peut se casser le nez et ce que ça fait mal! Paul Pope est un dessinateur indépendant et nous livre une interprétation très originale du personnage: il ne se plie pas à Gotham mais Batman se plie à son univers. D'ailleurs, son travail a dû plaire car il écrit depuis février 2006 la mini-série Batman Year 100. Nez cassé, même si elle détruit l'image que j'ai de Batman, est mon coup de coeur du recueil :)!

L'autre histoire très intéressante est évidemment celle du duo Brian Azarrello et Eduardo Risso. Ce binôme travaille actuellement sur la série 100 Bullets et se sert du noir et blanc pour transférer Batman dans leur univers, au lieu de s'adapter à Gotham, comme en témoigne l'histoire (avec des membres de gangs afro-américains, on se croirait plus dans 100 Bullets que dans Batman). Ainsi, on retrouve la même atmosphère glauque et bas fonds de 100 Bullets renforcée par des planches en noir et blanc. Le noir et blanc n'est pas un terrain inconnu de cet illustrateur argentin si on a déjà lu d'autres de ses oeuvres telles que Chicanos. D'ailleurs, le travail de Risso est parfois proche de Sin City (surtout les planches non colorées de 100 Bullets O_o). Bref, on a compris que je porte ce binôme particulièrement dans mon coeur et que les dessins de Risso me plaisent énormément! Azarrello et Risso ont d'ailleurs travaillé sur la série régulière le temps de six épisodes (#620-#625) formant l'arc Citée brisée (Num 9-12 du mensuel Batman chez Semic).

Devenir chauve-souris nous donne l'occasion de voir un Jim Lee s'essayer au noir et blanc, lui qu'on a tant l'habitude de voir avec des couleurs bien vives! Jim Lee a été très très convaincant (et même plus O_o son Batman a été pour moi le plus sexy jusqu'à présent xD) sur l'arc Silence (ou Hush aux Etats-Unis) et l'Asiatique à la casquette nous éblouit une fois de plus! En effet, on constate que Batman signé Jim Lee est aussi beau en couleur qu'en noir et blanc. Quant à l'histoire, elle constitue une introduction, nous montrant des bribes de passé de Bruce et son apprentissage de son travail de nuit. Une introduction qui se révèle alléchante, rien que par ceux qui la signent.

Pour continuer dans l'original, on retient également Orage d'enfer et son ambiance très réussie grâce à un dessin ressemblant à de vieilles gravures de pierre. Peur nocturne est également doté d'un scénario plus que sympathique et Un instant dans la lumière révèle une ambiance plus que glauque avec ses planches au lavis. Grosse ville est la deuxième histoire écrite par Dave Gibbons mais celui-ci laisse McMahon s'exprimer avec ses dessins très particuliers, surtout des personnages un peu difformes et aux lèvres épaisses. L'histoire n'en est pas moins déroutante, voire trash. Dans une atmosphère plus détendue, Snow Job nous permet de voir Batman avec un fils en vacances au ski en Italie. Je trouve en cette histoire un intérêt vraiment très limité et le dessin du fils de Batman, Junior, bien trop cartoon par rapport au reste. The bet, écrit par Paul Dini, constitue un petit clin-d'oeil à Batman the animated series, avec le personnage d'Harley Quinn qui entretient une certaine amitié/rivalité avec Poison Ivy. Cette histoire est légère et sans intérêt mais j'aime beaucoup le duo que forme Ivy et Harley dans la série animée.

Restent alors des aventures de Batman plutôt classiques, avec l'ambiance policière et le décor de Gotham. Dans les réussites, on notera Monnaie de singe et son graphisme réaliste s'accordant avec le genre (sans oublier la chute :D), Bandit en noir et blanc de Dave Gibbons malgré son petit côté kitsch, et L'énigme pour les fans d'Alice au pays des merveilles et de l'Homme mystère. Après, on a les histoires trop anecdotiques dont on ne retient pas grand chose. Dans Bons baisers de Gotham et Batman avec Robin le jeune prodige, l'hommage est rendu au vieux Batman et on le surprend même sourire à pleines dents O_O. Bons baisers de Gotham gagne quand même un avantage pour son côté humouristique. Pour le reste, c'est tellement anecdotique que je ne me souviens quasiment pas, sauf le graphisme de Cache -cache, avec ses échelles de gris.

Bref, comme souvent dans les recueils d'histoires courtes, l'intérêt y est variable. La lecture est sympathique mais les histoires sont bien trop courtes, bien que certaines sont très réussies, soit pour le scénario, le graphisme ou bien l'ambiance. Malheureusement, les histoires restent anecdotiques et bien souvent, les histoires les plus classiques côtoient les meilleures, atténuant le plaisir ressenti lors de la lecture. Globalement, j'ai tout de même une préférence pour le volume 2, où les histoires sont plus originales. Batman: D'ombre et de lumière est clairement dispensable, à réserver aux grands fans de Batman.

Merci à Génie

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Publié dans Comics & BD

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A
Etant fan du dessin de Risso avec 100 Bullets, j'étais obligée de remarquer leur prestation. Ce n'était pas tant le scénario mais surtout l'ambiance et les planches qui font la réussite de cette histoire puis surtout cette chute... Il y a aussi le fait que les auteurs ont complètement pris l'image du Batman pour le mettre dans leur univers composé de petits gangsters, les bas fonds très très urbains ;).Aaaah... Paul Pope! Ca c'est de l'histoire originale!!! C'est clair qu'on ne l'oublie pas le nez cassé ^^!!!! Globalement, c'est étrange que ma préférence aille au volume 2 alors que toutes mes histoires préférées figurent dans le volume 1 :). Disons que le volume 2 est plus varié ^^;J'ai lu Lex Luthor aussi :) mais bon pour moi, Brian Azzarello et Eduardo Risso forment un duo vraiment excellent ^^
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P
je n\\\'ai lu que le premier tome, il y a un certain temps. Je me souviens bien de Nez cassé, ne serait-ce que par son titre. Par contre, je ne me souviens plus du récit de Brian Azzarello que je ne connaissais pas encore (depuis, j\\\'ai lu son Lex Luthor man of steel).
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