Moulin Rouge

Paris, fin du XIXe siècle. Christian (Ewan McGregor) est un écrivain sans le sou qui s'est installé à Montmartre dans le but d'écrire une pièce. Son voisin, Toulouse Lautrec, l'aide en lui proposant d'écrire un spectacle pour le Moulin Rouge. Sur les lieux, il fait la rencontre de Satine (Nicole Kidman) et le coup de foudre est immédiat. Mais voilà, Satine est une courtisane convoitée et la star du Moulin Rouge, elle n'a pas la liberté d'aimer. Leur amour subira la jalousie du duc de Monroth (Richard Roxburgh), le mécène de la pièce.
Avis : 
Moulin Rouge est une histoire d'amour impossible sur fond de comédie musicale. Avant Moulin Rouge, Baz Luhrmann réalise Romeo + Juliette où il modernise le classique de Shakespeare qui se déroule à notre époque tout en gardant les répliques originales. Moulin Rouge rassemble Nicole Kidman et Ewan McGregor qui ont décidé de pousser la chansonnette eux-mêmes au lieu de se faire doubler comme c'est souvent le cas dans les comédies musicales (oui, je ne suis toujours pas remise du jour où j'ai su que ce n'était PAS John Travolta qui chantait dans Saturday Night Fever mais les Bee Gees!). Moulin Rouge a été un succès lors de sa sortie au cinéma. L'ayant déjà manqué à son passage en Belgique sur une chaîne flamande, j'ai décidé de le voir en Français lors de sa diffusion sur France 3 durant les fêtes de fin d'année.
Moulin Rouge bénéficie d'une réalisation très soignée où les couleurs prennent une place importante. Celles-ci foisonnent dés le début du film et sont en plus très vives, surtout dans le Moulin Rouge, accentuant tout le côté spectacle du lieu. Les mouvements de caméra sont également osés, les angles de vue souvent vertigineux, la caméra ne laisse jamais le temps au spectateur de reprendre son souffle. Les costumes mélangent le rétro aux couleurs très très vives. Les décors sont également très soignés, surtout celui de la chambre de Satine qui n'est autre que la tête d'un éléphant indien et la caméra joue sans cesse sur ces décors comme dans la scène où Christian déclare son amour à Satine. N'oublions pas le spectacle très original avec son inspiration indienne. Les morceaux composant la bande son sont tous des tubes contemporains, ce qui surprend au début. Ainsi, on pourra entendre la célèbre version de Lady Marmalade façon Missy Elliott, du Elton John ou un Like a virgin plus moderne et viril que jamais (sans doute le morceau culte et hilarant du film). Comme dans toute comédie musicale, tous les moments forts en émotions sont chantés, que ce soit l'amour, la tristesse ou encore la colère.
Moulin Rouge est une histoire d'amour impossible mais le déroulement n'est pas triste. Loin de là, tout est saupoudré d'humour et de vie, surtout au début avec le quirpoqo lorsque Satine doit tout faire pour embobiner le duc afin qu'il accepte de devenir le mécène de la pièce. C'est aussi dans ces moments que l'on peut voir le jeu des acteurs, en particulier celui de Nicole Kidman dans un rôle que je ne lui connaissais pas: Satine est complètement surexcitée. J'ai peu souvent vu Nicole Kidman dans ce genre de personnage mais je dois avouer qu'elle m'a impressionnée par sa performance, elle a réussi à s'identifier à son personnage et à lui insuffler beaucoup de vie. Ewan McGregor m'a déçue dans son rôle du poète amoureux transi car il est plutôt fade. Son personnage n'a pas la même épaisseur ni le charisme que celui de Satine et on aurait pu coller n'importe quel amoureux pourvu qu'il la regarde avec des yeux doux. Le couple était quelque peu bancal, du côté de Satine, on y croyait mais du côté de Christian, les sentiments semblaient fades. Finalement, il est plus à l'aise avec un sabre laser Ewan McGregor ;p.
Malgré toutes les qualités techniques de ce film, je n'ai pas réussi à l'apprécier car l'histoire d'amour était vraiment bateau et un peu mièvre. Le couple rappelle fort celui de Titanic avec le personnage masculin, amoureux transi et rêveur qui exerce une profession artistique mais sans le sou pour séduire sa bien-aimée. Quant à l'héroïne, il s'agit d'une femme difficile à atteindre, l'une pour son argent, l'autre par sa profession particulière. Mais bien sûr, nos amoureux seront heureux ensemble malgré la présence d'un jaloux dans les deux films. Un jaloux riche qui peut obtenir tout ce qu'il veut sauf la fille qui se jette dans les bras d'un pauvre, ce qui le frustre excessivement et ne voit donc plus d'autre moyen que d'en intervenir aux mains. Le côté mièvre est donné par les chansons, en premier lieu la reprise d'un morceau d'Elton John, dégoulinante d'amour. Bref, l'intrigue m'a fortement ennuyée et j'avais l'impression d'avoir déjà vu le film tant il est prévisible jusqu'à la fin.
Au final, Moulin Rouge est un divertissement honnête mais c'est surtout pour sa réalisation originale qu'il vaut le coup d'oeil. Car l'histoire est très classique, elle plaira sûrement aux plus romantiques d'entre vous mais elle n'a vraiment pas réussi à me toucher. C'est ce dernier point que je trouve dommage mais le Baz Luhrmann semble être attaché à ce genre de romance, vu qu'il a déjà réalisé Romeo + Juliette qui s'est également démarqué par sa réalisation (que j'ai en horreur). Une de mes grandes déceptions mais la notation "sympa" est méritée, surtout qu'étant réfractaire aux histoires de coeur, j'ai pu me montrer un peu dure...
Sur ce, je vous souhaite une joyeuse Saint-Valentin