Mercredi 24 janvier 2007


Titre original: The Man in the Iron Mask

Depuis la mort de Louis XIII, c'est le jeune Louis XIV (Leonardo DiCaprio) qui règne sur la France. Egocentrique, il ne s'occupe que de son bien-être, mettant en colère la population de Paris qui a faim. Malgré cela, D'Artagnan (Gabriel Byrne) est resté fidèle à la cour et entretient une relation amicale avec Anne d'Autriche (Anne Parillaud). Aramis (Jeremy Irons), Portos (Gérard Depardieu) et Athos (John Malkovich) ont pris leur retraite et désapprouvent les décisions du Roi. L'animosité semble régner entre Athos et D'Artagnan, le bon vieux temps n'est plus. Athos passe son temps à s'occuper de son fils Raoul (Peter Sarsgaard), lui-même au service de Sa majesté.

Raoul est heureux en amour, fiancé à la belle Christine (Judith Godrèche). Malheureusement, Louis semble avoir des vues sur Christine et envoie Raoul au front se faire tuer. Furieux, Athos met un plan à exécution avec l'aide d'Aramis et Portos: remplacer le Roi par son frère jumeau Philippe (Leonardo DiCaprio) connu en prison comme l'Homme au masque de fer. L'adolescent est alors emmené à la campagne et entraîné à devenir le double du Roi. Quant à Louis, il a forcé Christine à devenir sa concubine depuis que le décès tragique de son fiancé.

/!\ SPOILERS /!\

(Retour d'Aramis, Athos, Portos accompagné de Philippe à Versailles où ils se déguisent pendant le bal masqué. Le Roi croit devenir fou quand il voit le visage de Philippe dans la foule. Un jeu de cache-cache se fait et le remplacement est effectif lorsque le Roi, se sentant mal, va se reposer dans sa chambre. Bref, D'Artagnan est mis au courant et va voir ses amis. La garde royale tente de rattraper ces filous et D'Artagnan se remet avec ses amis car "Un pour tous et tous pour un" pour faire court. Christine, apprenant comment son fiancé est décédé, se suicide. Bref, après une démonstration de courage devant la garde royale qui admire les quatre amis, personne ne tire et Louis est tout seul. Enfin, il tue D'Artagnan qui avoue la triste vérité: il est en réalité leur père. Le remplacement est finalement effectif et Louis se retrouve à la place de son frère en tant que l'Homme au masque de fer. D'Artagnan est enterré tel un héros devant la peine de ses amis, d'Anne d'Autriche et de son fils. La France est de nouveau contente, jusqu'au prochain prochain à qui on tranchera la tête... mais c'est là un autre chapitre :p.)

Avis :

Scénariste de Braveheart et Pearl Harbor, réalisateur de L'homme au masque de fer et Nous étions soldats, Randall Wallace semble aimer l'Histoire. L'homme au masque de fer s'inspire de cette légende "urbaine" de l'Histoire disant que le Roi Soleil avait un frère jumeau. L'inspiration se trouve aussi du côté de Dumas, Le Vicomte de Bragelonne pour être exacte (dernier de la trilogie avec D'Artagnan). Réalisé en 1998, L'homme au masque de fer est doté d'un casting international et prestigieux: Gérard Depardieu, Jeremy Irons, John Malkovich, Gabriel Byrne (le "chef" dans The Usual Suspects), Anne Parillaud, Judith Godrèche et Leonardo DiCaprio en double (au sommet de sa popularité après Titanic). L'homme au masque de fer, pour DiCaprio au casting (traumatisme de seconde), pour l'époque Louis XIV que je n'ai jamais aimée (les froufrous, le Roi Soleil et surtout: ils ne se lavent PAS), pour mon inculture des mousquetaires, est un film que j'ai toujours évité. Ayant depuis, lu Les trois mousquetaires de Dumas, je me suis finalement laissée tenter lors de son passage sur Kabel Eins mardi 14 novembre.

Comme prévu, je n'ai pas du tout apprécié l'atmosphère royale de ce film. Pompeux est le premier mot qui m'est venue en tête. Il y a donc ce côté prestigieux, grandiose avec ses décors et ses costumes, sans oublier le pire: l'ambiance musicale légèrement prétentieuse, Roi Soleil oblige. C'est aussi la raison pour laquelle je n'aime pas visiter le Chateau de Versailles d'ailleurs. C'est en plus rempli de clichés lors des scènes dans le chateau: les jeux de la cour, ces regards plein de sous-entendus qui se croisent entre Anne d'Autriche et ce cher D'Artagnan, ce Roi qui tombe amoureux d'une jeune fille innocente (Christine) qui aime son fiancée (Raoul). C'est romanesque, avec amour (gloire et beauté? =>) et trahisons. Le début s'installe lentement, sur les notes d'une musique classique comme l'appréciait ce "cher" Louis XIV. Au moins, le fait que je n'aime pas l'ambiance indique sûrement une bonne chose: c'est bien foutu, on se retrouve effectivement transporté dans la France du XVIIè siècle (après je ne peux rien dire quant aux détails historiques). Le budget a bien servi à quelque chose.

Heureusement, nos quatre amis D'Artagnan, Aramis, Portos et Athos sont vite de la partie! Enfin on retrouve les héros du roman de Dumas, raison principale pour laquelle j'ai regardé ce film d'ailleurs. Les voir réunis, vieux, ce qu'ils sont devenus: ça fait du bien. Les acteurs sont en plus bien choisis, à mon humble avis. Depardieu fait un très bon Portos, bon vivant porté sur l'alcool et surtout les femmes. Il en fait un peu trop, c'est le comique de la bande mais il montre un côté humain (il a ses propres démons). Le "sadique" mais très charismatique Malkovich prête ses traits à Athos, homme sérieux qui veut formenter le complot. D'Artagnan est le "beau gosse" du boys band (eh oui ça existait bien avant les Beatles :p) interprété par un Gabriel Byrne dont les yeux arrivent à donner un rendu particulièrement mélancolique au regard du personnage. Et enfin, Aramis le raffiné, le précieux, est incarné par Jeremy Irons. Bref, je suis satisfaite du casting. Ce qui m'a quand même étonnée, c'est cette animosité qui anime D'Artagnan et Athos. D'ailleurs, les quatre amis se divisent en deux groupes pour la suite du film: D'Artagnan à Versailles et les trois autres à la campagne.

Le film ne débute réellement qu'après la première heure. Si cette première heure n'est pas réellement passionnante, elle permet de bien s'imprégner de l'atmosphère, de voir la vie royale du jeune Louis XIV (ou de mater DiCaprio pour les fangirls). En parallèle, on a aussi les instants opposés à cet environnement plein de froufrou: celui de la campagne. Avec la manière dont Wallace traite cet endroit, on a l'impression d'un idéal par rapport à la cour. Les gens y semblent plus libre, moins hypocrites, plus souriants, bref c'est Ricky ou la belle vie, enfin pas tout à fait mais presque. Philippe découvre les simplicités et les beautés de la vie (et puis, les fangirls pourront mater un DiCaprio gentil tiens). C'est paisible mais c'est aussi le calme avant la tempête. Enfin, les fangirls ont donc deux DiCaprio pour le prix d'un: un gentil et innocent, l'autre méchant et prétentieux. Je trouve qu'il ne s'en tire vraiment pas mal mais il est plus crédible en jeune peste royale plutôt qu'en jeune homme naif avec ses traits fins.

Côté présence féminine j'avoue être déçue. Christine est le type d'héroine qui se sacrifie, innoncente et gentille, elle qui n'a commis aucun crime sauf celui d'être belle et désirée par le Roi. Une héroine comme tant d'autres, en somme, qui se languit de son fiancé. Judith Godrèche est belle mais bref, on ne lui en demande pas trop. Porter de jolies robes, pleurer un peu. Quant à Anne d'Autriche Parillaud, c'est la même rengaine. Anne Parillaud passe de temps en temps devant la caméra, échange quelques regards suspects avec l'héroique et beau D'Artagnan, prie et pleure un bon coup. Heureusement, elle arrive à avoir une certaine présence à l'écran mais son rôle n'est pas étoffé non plus. Enfin, ça changera de la tendance à voir des filles fortes en arts martiaux partout d'un côté. On ne peut pas placer des Trinity dans tous les films après tout. Mais ce qui m'a sans doute énervée, ce sont les femmes qu'on trouve tout au long du film: elles couinent et ne servent qu'à niquer avec le sex-symbol Depardieu (O_o j'ai dit QUOI).

Le film devient intéressant lors de la deuxième heure. ENFIN un peu d'aventure. Alors là, on a enfin ce qu'on voulait: du cape et d'épée, de l'action, de l'héroisme et le boys band réunit. Bref, ça fait du bien de les revoir tenir l'épée, de les revoir en costume de mousquetaires! Snif, c'est la nostalgie. Les combats à l'épée sont là, l'utilisation de la ruse aussi, le suspense est bien maîtrisé. On a aussi le lot de révélations et de tragédies (le suicide de Christine, le très Lucasien "Du bist mein Sohn! - Tu es mon fils!", expliquant ces regards plein de sous-entendus entre Anne et notre Gascon et les prières, le parricide de Louis XIV sur D'Artagnan sans mariage avec la mère ceci dit) pour verser dans les sentiments et le romanesque. Les musiques sont très réussies et accompagnent bien les combats, tout est là pour une ambiance particulièrement héroique avec une leçon de courage, d'amitié et de solidarité face à la garde royale. Quant à la scène du bal (mission remplacement du Roi par le gentil Philippe), elle est bien prenante.

Après un début un peu long, ennuyeux et pompeux, L'homme au masque de fer se révèle prenant. Le jeu en vaut finalement la chandelle. J'ai donc bien retrouvé cette ambiance qui fait la particularité des Trois mousquetaires avec cette devise qui scelle une amitié très solide: "Eine für alle und alle für eine!". L'atmosphère (décors, musiques, costumes) est réussie et les acteurs satisfaisants (et charismatiques pour les mousquetaires :D), DiCaprio inclus. J'ai finalement bien fait de voir ce film en allemand (rien que pour la devise xD) surtout que c'est un des films que j'ai sûrement le mieux compris question dialogues: les personnages parlent distinctement et lentement, pas d'argot (alors que je craignais bien de ne rien comprendre).

Par a-yin - Publié dans : Cinéma
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