
Titre original: 傷城 (Seung Sing)
Hei (Tony Leung) et Bong (Takeshi Kaneshiro) sont flics et amis. Après une intervention à Noel, Bong retrouve sa petite amie suicidée dans son lit. Cela l'affecte violemment et il démissionne, devenant détective privé. Depuis, malgré son aversion pour l'alcool, Bong traîne tous les soirs au bar où sa petite amie se trouvait avant son suicide, à boire jusqu'à l'ivresse. Bong se lie d'amitié à Feng (Shu Qi), une serveuse qui craque pour lui, mais leur relation reste sexuelle. Hei et Bong continuent d'entretenir une relation amicale.
Trois ans ont passé depuis la démission de Bong. Hei s'est marié avec Susan (Xu Jinglei). Tout se passe pour le meilleur des mondes sauf que le père de Susan s'est fait assassiner sauvagement chez lui, ainsi que son majordome. Le meurtrier n'est autre que Hei, qui ne peut pas enquêter suite à ses relations avec la victime. Il est considéré comme un suspect. Tsui (Chapman To), un collègue maladroit, est chargé de l'affaire. Susan se sent de plus en plus observée et s'enferme dans une forme de paranoia. Hei ne croit pas sa femme et la met sous calmants. Ainsi, Susan demande à Bong d'enquêter sur le meurtre.
(En vrac: Il y a une trace menant au meurtrier dont je ne me souviens plus le nom, son nom de famille est Chan (Man Cheung quelque chose comme ça) et on le nommera comme tel. Hei a organisé le meurtre de sa femme par une bombe commandée par GSM. La bombe explose, Susan est dans le coma et brûlée entièrement, Hei semble regretter son geste et passe son temps à l'hopital. Sur les lieux de l'explosion, Bong découvre par hasard une raquette de ping pong, un objet d'une importance capitale pour Hei, comme lui a expliqué Susan. Sur la raquette, le nom du meurtrier y est gravé! Il s'agit d'un prix pour le champion d'un tournoi de ping pong de primaire à Macao. Bong se rend alors sur les lieux (une heure en ferry) et fait des recherches à la bibliothèque. Il rencontre la personne qui s'appelle vraiment Hei et lui pose des questions à propos d'une compétition où il est arrivé second et non premier comme d'habitude. Il raconte comment il s'est fait battre par Chan, notre Hei actuel (Tony Leung quoi).
Retour de Bong à Hong Kong. A l'hopital, Susan se réveille enfin et ses premières paroles sont: "pourquoi?".
Susan: "你同我結婚是不是為報仇? (Notre mariage, était-ce dans le but de ta vengeance?)"
Hei: "是. (Oui.)"
Susan: "你有没有愛過我? (M'as-tu réllement aimée?)"
Hei: "有. (Oui)"
Ce que Susan ne croit pas et lui demande de s'en aller. Il s'assoit sur la terrasse de l'hopital où il rencontre Bong qui lui dit tout savoir.
Hei raconte son passé: sa famille s'est fait décimée lorsqu'il est revenu premier du tournoi de ping pong. Caché, il est le seul à être resté vivant. Les assassins ne sont autre que son futur beau-père et le futur majordome. On sait comment le père de Susan a batti sa fortune: ancien bandit. Bref, première chose que fait notre gamin, fuire vu que la police est corrompue. Là, découvert aux portes d'un orphelinat, il dit s'appeler Hei, son opposant au tournoi de ping pong. Il grandit, se rend à Hong Kong et suit les traces de Susan (va voir les mêmes films au cinéma, va aux mêmes restaurants, dans le même avion si elle part en voyage), essaie de connaître ses habitudes et se marie avec elle afin de se rapprocher de celui qui l'a ruiné.
Hei se rend compte des erreurs de sa vie et lui explique le sentiment d'une personne qui a tout perdu. Il voulait faire ressentir la même chose à son bourreau en lui retirant tout: sa fille compris. Mais à la fin, il en arrive à la conclusion suivante: "我終於明白了.其實Susan是我太太,是我家人.我應該照顧她.不應該害她. (J'ai finalement compris une chose. Susan est ma femme, un membre de ma famille. J'aurais dû veiller sur elle. Et non la détruire.)". Seulement, quand il retourne dans la chambre, Susan a succombé à ses blessures. Et elle a retiré son alliance. Hei se suicide, flingue sur la tempe (belles traces de sang sur les rideaux, je plains les femmes de ménage qui passeront derrière), se rendant compte de ses erreurs. Il avait le bonheur, il a tout fait pour le détruire, aveuglé par la vengeance et par son passé.)
Avis : 
On ne change pas une équipe qui gagne. Andrew Lau et Alan Mak l'ont bien compris et se réunissent de nouveau pour la réalisation du thriller Confession of pain après avoir conquis le public avec la trilogie Infernal Affairs et Initial D. Confession of pain sort en salles le 21 décembre 2006 en même temps qu'un autre film très attendu: le dernier Zhang Yimou au doux titre de Curse of the golden flower, donnant des batailles d'affiches dans tous les lieux publics de Hong Kong (il est drôle de voir Jay Chou en face de ses anciens directeurs après Initial D). En vedettes de l'affiche (qui ressemble à s'y méprendre à celle de Infernal Affairs Andy en moins), deux acteurs qui font chavirer les coeurs des demoiselles hongkongaises: Tony Leung et Takeshi Kaneshiro. A leurs côtés se trouvent Shu Qi, Xu Jinglei et Chapman To. Etant sur place lors de sa sortie, je suis allée voir ce film le 24 décembre. Et tant mieux: le film s'ouvre sur le réveillon de Noel.
Confession of pain est un thriller assez différent de ceux qu'on peut voir d'habitude. Je m'attendais à une espèce de thriller bien musclé avec un suspense insoutenable, je me suis légèrement trompée. Comme quoi voir les bande-annonce dans le métro et sans le son est trompeur. Confession of pain est, comme le dit le titre, un film sur la douleur et sur les blessures de la vie. A travers une enquête, on explore les deux héros, leurs passés, leurs pensées, leurs sentiments. D'ailleurs, la narration se fait par moments par la voix off de Tony Leung, comme dans un Wong Kar-wai, avec des réflexions sur la vie en moins poussées bien sûr. La grande réplique de ce film est sans doute l'explication au goût des humains pour l'alcool: "酒為什麼好喝? (Pourquoi les humains aiment l'alcool?)" demande Bong, "因為難喝. (Parce-que c'est amère.)" répond Hei. De Wong Kar-Wai, on retrouve aussi toutes ces petites attentions: Bong qui n'aimait pas l'alcool finit par l'affectionner après un incident tragique, restant au bar en solitaire. Cela rappelle légèrement le personnage du mangeur d'ananas interprété par Takeshi dans Chungking Express.
Confession of pain est lent, très lent. L'identité du coupable n'est pas non plus la préoccupation première de ce film puisqu'on sait dés le début de qui il s'agit. En fait, ce qu'on cherche, assis confortablement dans nos sièges, c'est le mobile du crime. Pourquoi Hei a-t-il tué le père de Susan? Pourquoi drogue-t-il sa femme? (tiens ça rappelle Curse of the golden flower le côté empoisonnement d'épouse xD). Il y a aussi un parallèle qui se fait entre nos deux héros: Hei et la destruction d'une vie qui approchait le bonheur, Bong dont la vie détruite se reconstruit petit à petit. Andrew Lau et Alan Mak semblent reprendre cette thématique de Infernal Affairs: celle du bonheur, de la paix avec soi. On remplace le "je veux devenir quelqu'un de bien" en "je veux devenir quelqu'un d'heureux" en quelque sorte. Il y a toute une explication sur le pourquoi du non repos de Tony Leung, faisant légèrement cercle vicieux, une histoire de karma: le mal n'engendre que le mal. Comme dans Infernal Affairs où Andy Lau se morfondait dans le mensonge, car issu du mal, il ne pouvait pas devenir bon.
Finalement, j'en suis ressortie avec un goût particulier. J'ai apprécié le film mais il manque quelque chose. Sans doute le rythme et la réalisation: c'est légèrement mou, ça manque de punch. Les quelques scènes de poursuite et d'action n'ont pas non plus l'effet escompté. La narration est tiraillée entre quelque chose d'introspectif (les monologues wongkariens de Tony) et le thriller de base, c'est maladroit. La photographie ressemble à celle de Infernal Affairs avec un visuel moins léché. Le film est malheureusement trop long, alors que le scénario aborde des points intéressants. Le hic, c'est cette narration maladroite qui ne parvient pas à maintenir un soupçon de tension. Du coup, les révélations tombent à plat, la narration passe à côté du scénario et jamais les deux sont en phase. Pour finir, les quelques touches d'humour apportées par Chapman To et Shu Qi ne sauvent pas les moments de creux. Heureusement, les deux héros sont plutôt développés.
J'en parle depuis longtemps, le casting. Tony Leung, en rescapé d'Infernal Affairs, trône sur l'affiche. Cette fois, il s'est enfin rasé. Le look sérieux grâce aux lunettes lui confère beaucoup de classe (je le trouve même séduisant xD). Comme d'habitude, Tony Leung est excellent, on ne lui enlèvera pas son talent d'acteur. Convaincant à chaque scène, surtout celles où il se retrouve avec sa femme à la maison d'ailleurs. Remplaçant Andy Lau sur l'affiche, voilà l'autre bel homme Takeshi Kaneshiro. D'ailleurs, les vannes ont fusé avec des "a-yin aime donc mater les beaux garçons au cinéma" alors que j'ai vraiment été voir le film. Takeshi Kaneshiro arrive à tenir tête à Tony Leung. Cette association d'acteurs rappelle d'ailleurs Chunking Express où tous deux étaient flics. Takeshi Kaneshiro bénéficie d'un rôle fait pour lui: une espèce de garçon romantique qui a du mal à reconstruire une histoire d'amour, un solitaire qui se noie non pas dans les ananas ou dans le jogging, mais dans l'alcool. Son petit accent lui donne du charme (pour info, il est Japonais-Taiwanais donc il ne parle de base pas le cantonais). Pour ceux qui ont du mal à voir le bonhomme, il était récemment à l'affiche de Perhaps Love. Quant au second rôle masculin, il s'agit d'un autre rescapé d'Infernal Affairs (et d'Initial D au passage), le comique Chapman To qui joue... le comique. Bref, fidèle à lui-même, en flic maladroit sortant des répliques qui ont fait rire toute la salle, ou encore la fameuse scène de la voiture ("je crois qu'il vaut mieux le laisser se reposer"). Dans Infernal Affairs, il était le bras droit de Tony Leung (et lui apprenait comment distinguer les taupes).
Viennent ensuite les filles. Et voilà un autre hic: comme dans Infernal Affairs, elles servent de décoration. Andrew Lau et Alan Mak ont décidément du mal avec les femmes. Shu Qi, c'est facile. Elle nous ressert son rôle de bimbo et fait du fan service avec sa tenue sexy de serveuse dans un bar. Son petit accent est souvent sujet à des rires (dans la salle) vu qu'elle est Taiwanaise de base. Cela donne sûrement lieu à deux-trois jeux de mots que je n'ai pas saisis, on ne rit pas pour un simple accent (il suffit d'un changement de ton pour changer un mot). Et puis, elle n'ouvre la bouche que pour dire des idioties. Elle devient la cruche mignonne un peu gamine habituelle, après s'être mise en couple avec Takeshi. C'est bien dommage, elle joue toujours ce type de personnages dans les productions hongkongaises (pour ceux qui ne voient pas, le film Gorgeous/Jackie Chan à Hong Kong en donne l'exemple parfait) et seul le réalisateur Hou Hsiao Hsien (Millennium Mambo et Three Times) arrive à lui donner des rôles construits. Xu Jinglei nous vient de Chine et ne parle donc pas cantonais. Si j'en crois ce qu'on dit sur le net, elle est doublée. Pour un rappel à moi-même, elle était la petite amie aveugle de Leon Lai dans Heroic Duo. Je ne pourrai rien dire de plus car je ne la connais pas mais il s'agit d'une actrice montante. J'ai trouvé son jeu très bon et naturel. Mauvais point pour sa doubleuse cependant! Elle a une voix nasillarde assez insupportable "Zha mai bah seng" comme on dit en cantonais (désolée je ne trouve pas d'équivalent français). A croire que dans Confession of pain, seuls Chapman To et Tony Leung parlent vraiment cantonais: Takeshi Kaneshiro et Shu Qi avec accents, Xu Jinglei doublée.
J'ai encore trop écrit. Bon courage à ceux qui liront et je donne raison à ceux qui auront déserté les lieux. Même en aimant ce film, je dois avouer que je le trouve assez anecdotique. Il s'agit d'un film intéressant mais qui ne parvient pas à aller jusqu'au bout, légèrement décevant. Pourtant, le scénario est pas mal, le casting alléchant et l'interprétation des héros au top, surtout qu'ils sont plutôt bien développés. Dommage pour la narration et encore une fois: mauvais point pour les filles (Alan et Andrew FAITES quelque chose!). Bref, je garde quand même un sacré souvenir de ce film car j'ai pu le voir à Hong Kong, avec les sous-titres chinois et anglais. C'est con mais oui, ça donne un côté exotique (et puis ils servent vu les accents légers). Apparemment, après Infernal Affairs, Confession of pain aura aussi droit à un remake made in Hollywood. Et bonne nouvelle, Confession of pain est apparemment prévu en salles. Ce que personne n'a pigé, c'est qu'on ne tient pas un Infernal Affairs bis ou like, mais comme ça vient des mêmes réalisateurs, on achète les droits sans poser de question.
Notes
1. Mes traductions en français faisant très tâche, j'ai inclus des dialogues en chinois. Pour montrer que non, ils ne sont pas nases.
2. Le cinéma à Hong Kong: Les prix sont très attractifs: 3€ la première séance, 4€ le mardi et 5€ en plein tarif (dire que je me lève pour aller au ciné à ce prix en France). Mauvais point: les gens qui n'éteignent pas leur téléphone et qui y répondent (même pas fort, on entend) et les bruits de nourriture (le pop-corn n'est pas au même prix aussi), bref fans du silence lors les projections s'abstenir.
3. Aller au cinéma, se retrouver dans une salle noire devant un film et seule, c'est totalement jouissif à Hong Kong, lieu où on se marche presque dessus tant il y a du monde (encore la frayeur de Causewy Bay tiens). On ajoute à cela le "pas une minute pour soi" avec des membres de la famille à voir tous les jours pour "prendre le thé" comme on dit là-bas...
4. A ceux qui se poseraient la question... j'ai bien évidemment été voir Curse of the golden flower :). Le matraquage publicitaire aura eu raison de moi ^__^.
5 petits cochons!!!
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