
Titre original: Lethal Weapon 2
Après une course-poursuite en plein Los Angeles, Riggs (Mel Gibson) et Murtaugh (Danny Glover) tombent sur une montagne de pièces d'or d'origine sudafricaine dans le coffre de la voiture poursuivie. Le lendemain, ils ont pour mission de protéger un témoin du nom de Leo Getz (Joe Pesci). Il est sur le point de se faire assassiner dans sa chambre d'hotel peu avant l'arrivée de Riggs et Murtaugh qui le sauvent in extremis. Leo Getz devait blanchir une somme d'argent provenant d'un trafic de drogue et rapidement, la source remonte à l'ambassadeur sudafricain Arjen Rudd qui bénéficie de l'immunité diplomatique.
(En vrac: Après avoir réussi à draguer la secrétaire de Arjen, Rika (Patsy Kensit), Gibson dîne avec la belle dans sa caravane au bord de la plage. Arjen a décidé de sortir les grands moyens: Murtaugh est menacé, Riggs retrouve sa caravane détruite par une fusillade en hélicoptère. Après avoir sauvé sa peau et celle de sa copine, il la ramène chez elle mais elle se fait tuer par un des hommes de son patron, Pieter. Lorsque Riggs arrive au port, elle est morte et il apprend que l'accident de sa femme n'en était pas un: Pieter lui révèle comment il l'a assassinée. Bref, le tout se finit avec un Riggs en furie qui à l'aide de Murtaugh détruit le bâtiment où le diplomate fait son trafic, une fusillade a lieu, Riggs est blessé et sur le point de mourir tant on l'a criblé de balles mais Murtaugh est là et le réseau est démantelé.)
Avis :

Face au succès de L'arme fatale, Richard Donner propose un deuxième opus en 1989 (deux ans après). Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, Mel Gibson et Danny Glover sont toujours de la partie avec un nouveau venu: le comique Joe Pesci. L'arme fatale et L'arme fatale 2 ont grandement participé à la popularisation du genre buddy movie policier, et de nombreuses comédies policières s'en inspirent dans les années 90. Ayant une mémoire qui fait parfois défaut, je n'ai jamais réussi à distinguer L'arme fatale de L'arme fatale 2 malgré les rediffusions multiples. Je me souviens plus facilement de L'arme fatale 3 et de L'arme fatale 4 avec Jet Li. La confusion peut enfin s'éclaircir grâce au passage de L'arme fatale 2 dimanche 5 novembre sur Vox en deuxième partie de soirée. Mel Gibson et Richard Donner semblaient être à l'honneur sur la chaîne entre L'arme fatale (raté T-T les autres opus aussi), L'arme fatale 2, L'arme fatale 3, Maverick, Complots (le thriller avec Julia Roberts raté pour fatigue) et L'arme fatale 4.
Je me suis toujours souvenue de L'arme fatale comme une saga de buddy movies rigolo, avec plus d'humour que d'action. En fait, cela est dû à mes souvenirs des deux derniers volets car la vision du deuxième opus a replacé les choses dans l'ordre. L'arme fatale 2 est bel et bien un film d'action musclé avec pas mal d'humour, mais certainement pas l'inverse. L'arme fatale 2 s'ouvre sur une course poursuite effrenée agrémentée de deux trois vannes échangées entre Riggs et Murtaugh. Comme souvent dans les années 90, les course-poursuites assurent leur lot d'adrénaline grâce à une caméra bien placée (lorsque Riggs est sur le toit d'une voiture rouge, on ne sait jamais quand il va tomber). Les bastons sont aussi au rendez-vous ainsi que les explosions, les fusillades, la démolition (la barraque à la fin xD) et les cascades (le saut de Riggs et Leo Getz de la chambre d'hotel dans la piscine). D'ailleurs, le film se finit sur une fusillade plutôt violente dans une atmosphère très sombre (quand Riggs se fait tirer dessus, on se demande quand même s'il va s'en sortir vivant), avec un peu de sang (les personnages sont rarement blessés dans Rush Hour pour en prendre un récent, où il suffit de deux prises de kung-fu pour que tout s'arrange).
Si l'action constitue le coeur du film, cela n'est pas sans scénario pour autant. L'arme fatale 2 est une comédie policière et n'oublie donc pas de livrer une enquête. On voit nos partenaires chercher des preuves, ruser pour obtenir des informations, utilisant un peu de tchatche et de charme. Ce qui fait du bien dans une comédie policière, genre où souvent le scénario se réduit aux vannes que vont se balancer les deux héros. L'arme fatale 2 ne dispose pas du scénario infaillible mais il est suffisamment cohérent et consistant. Les héros ne se baladent pas dans le film par hasard, ils ont une mission précise à remplir. De plus, cet opus est bel et bien une suite du premier concernant les démons de Riggs. Il y a donc une évolution des personnages au long de la saga.
L'arme fatale 2 contient aussi de très bons moments de comédie. Si le buddy movie est devenu un genre très stéréotypé, j'ai été agréablement surprise par L'arme fatale 2. Riggs et Murtaugh ont des méthodes différentes, ont des prises de bec, mais ils restent très humains. Il n'y a pas vraiment de rigolo dans le duo, les deux sont drôles, tous deux ont une sacrée répartie. Le duo ne se compose donc pas d'un type sérieux et d'un type comique. Si on devait désigner un type plus drôle, ce serait bien sûr Riggs, plus jeune et plus fou. Mais lui aussi n'est pas un mec drôle sans âme. Dans cet opus, il nous le prouve par sa mélancolie lorsqu'il en va de sa femme, de sa colère: Riggs a des sentiments. Il est particulièrement humain lorsqu'il laisse exploser sa rage, qu'il pleure, désemparé, et qu'il court vers Murtaugh, à deux doigts de craquer, au bord de la crise de nerfs.
Quant à Murtaugh, son humanité nous est montrée à travers sa famille très présente. L'univers de L'arme fatale ne se résume pas au commissariat et au duo de partenaires. Chacun a sa vie, son passé et ses douleurs, ce n'est pas facticement joyeux. Outre Riggs hanté par ses démons, on peut aussi sentir l'amitié et la complicité entre les deux partenaires. Ainsi, Riggs, quand il est désespéré, est tout de suite aidé par Murtaugh. De même pour Murtaugh qui appelle son ami Riggs lors de la scène d'anthologie avec la bombe dans les toilettes. Une solidarité qui repose sur un vécu, pas une amitié qui intervient en claquant des doigts (Rush Hour dont je suis pourtant fan par exemple). L'humanité des personnages ressort bien sûr grâce au jeu des acteurs. Mel Gibson et Danny Glover réussissent à donner vie à ces deux policiers. L'ajout de Joe Pesci est bénéfique, personnage collant mais attachant ("Ok?"). On est loin par exemple d'un Martin Lawrence dans un National Security ou pire: Eddie Murphy dans Espion et demi.
L'arme fatale 2 est un bijou de la comédie policière. Une référence sûrement, mais je ne peux rien dire sans souvenirs du premier opus. Toujours est-il que j'ai été agréablement surprise, ne me souvenant pas qu'un film comme L'arme fatale 2 pouvait être aussi génial. Action soignée, spectaculaire, énergique, dynamique, histoire cohérente, humour présent avec des moments dramatiques, tout est soigneusement dosé. On ajoute des personnages humains (pas uniquement des pantins), un ennemi redoutable et une bonne ambiance musicale (surtout dans les moments de mélancolie). D'ailleurs, en parlant des années 90, on sent que la musique n'est pas là pour vendre une BO mais plutôt pour accompagner le film. Je comprends mieux pourquoi j'aime tant cette saga. En redécouvrant (vu ma mémoire) L'arme fatale 2, je me suis aperçue combien le genre de la comédie policière a perdu en punch, "Ich bin zu alt für diese Scheisse" comme dirait l'autre. Il me tarde de revoir L'arme fatale. Je me suis rarement autant vidée la tête devant un film.
5 petits cochons!!!
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